[Les
références à l'Anguttara Nikaya (= AN) sont par
collection suivie par numéro de sutta; celles au Digha Nikaya
(= DN) et au Majjhima Nikaya (= MN) le sont par numéro de
sutta.]
1.
Bhagava: également rendu par "l'Auspicieux" ou
"l'Exalté"; appellation vraiment très
fréquente du Bouddha, quoique non restreinte à l'usage
bouddhiste.
2.
Ajatasattu Vedehiputta. Le Comm. dit que la mère d'Ajatasattu
était une princesse du Kosala et pas la fille du roi Vedehi.
Ce qui fait que le Comm. explique vedehiputta par "fils d'une
sage mère." Ajatasattu était devenu roi du
puissant état de Magadha après avoir assassiné
son père, le roi Bimbisara (voir DN 2).
3.
Tathâgata: litt. "Ainsi-allé" ou "Ainsi-venu";
une autre appellation du Bouddha, généralement utilisée
quand il parlait de lui-même.
4.
Ananda était un cousin du Bouddha et son serviteur personnel
pendant vingt-quatre années. Il atteint l'état d'arahat
après la disparition du Bouddha, juste avant le début
du Premier Concile, où il fut le récitant du Digha
Nikaya et l'autorité pour le Sutta Pitaka.
5.
Le discours ici désigné est AN VII.19.
6.
Les noms de groupe, qui sont pas dans l'original, sont fournis par
d'autres références aux qualités concernées;
ici satta saddhamma, à propos duquel voir AN VII.63; MN 53.
Dans le Comm. à MN 8 ils sont appelés "l'équipement
complet requis pour la pénétration" (BPS Wheel No.
61/62, p.48).
7.
Satta bojjhanga. Voir Piyadassi Thera, The Seven Factors for
Awakening (BPS Wheel No. 1).
8.
Saraniya dhamma: également à MN 48, AN VI.11, 12.
9.
La vertu (sila), la concentration (samadhi), et la sagesse (pañña)
sont les trois divisions du Noble Octuple Sentier. Notre texte
insiste encore et encore sur l'importance d'un plein développement
de toutes les trois pour la libération finale.
10.
Asava: ces facteurs de souillure -- le désir sensuel, la soif
inextinguible d'existence, et l'ignorance -- premiers responsables du
maintien de l'enchaînement au cycle des renaissances. Egalement
traduit par "chancres" ou "corruptions." Des
textes ultérieurs en ajoutent un quatrième, la
souillure de vues erronées.
11.
Sariputta était le principal disciple du Bouddha et celui qui
excellait en sagesse. Pour un compte-rendu complet de la vie et des
oeuvres de cette illustre personnage, voir Nyanaponika Thera, The
Life de Sariputta (BPS Wheel No. 90/92).
12.
Evam-dhamma. Comm. & Sous-comm.: Ceci fait référence
à la concentration et aux qualités mental qui
appartiennent à la concentration (samadhipakkhiya dhamma)
telles que l'énergie, l'attention, etc. Le Comm. explique
"s'en tenant à" (vihara) comme s'en tenant à
l'accès à la cessation (nirodha-samapatti).
13.
Evam-vimutta: leur délivrance des souillures et des futures
renaissances.
14.
Sur les cinq empêchements, voir Nyanaponika Thera, The Five
Mental Hindrances (BPS Wheel No. 26).
15.
Sur les quatre fondations de l'attention, voir ci-dessous, II:14. Les
sept facteurs de l'éveil sont énumérés
dans I:9.
16.
Puta-bhedanam. Le Comm. l'explique comme l'ouverture, le déballage,
de boîtes (puta) de marchandises à fins de distribution.
Mais il renvoie probablement à l'éclatement de la coque
des semences de la fleur de patali.
17.
Le stage d'l'état d'arahat, le dernier des quatre stages de la
délivrance. Les prochains trois paragraphes font référence
à des disciples des trois stades inférieurs,
respectivement, le non-revenant, le ne-revient-qu'une-fois, et
l'entré-dans-le-courant (anagami, sakadagami, sotapanna).
18.
Ou: "non retardé (dans ses résultats)."
19.
Animitta cetosamadhi. Le Comm. explique ici ce terme comme faisant
référence à l'accès au fruit de l'état
d'arahat (phalasamapatti), dans lequel le Bouddha devient absorbé
dans l'expérience directe du Nibbana et ne s'occupe plus
d'objets extérieurs ni ne ressent de sensations mondaines.
Dans un autre contexte cela peut signifier la concentration
développée par la pénétration intensive.
20.
Tamatagge: un mot difficile. Le Comm. le tient pour la forme
superlative, aggatama, "supérieure," mais fait
également allusion au mot Pali tama, "obscurité."
Il est assez difficile d'accepter qu'un suffixe superlatif puisse
être fait précéder la parole qu'il qualifie. Des
parallèles tibétains et chinois (Waldschmidt, Das
Mahaparinirvana-sutra Berlin, 1950-51) pp. 200 ff.) pointent dans la
direction du sens "supérieur." Dans les fragments de
la version sanscrite de Turfan, ces paroles ne sont pas préservées.
Le Comm. dit: "Tamatagge = tama-agge; le 't' au milieu est
inséré pour des raisons d'euphonie. Le sens en est:
ceux-ci sont les plus hauts, les vraiment éminents (ime
aggatama tamatagga). Ayant tranché tout lien avec l'obscurité
(tama-yoga), ces miens bhikkhus seront au tout sommet, au plus haut
rang (ativiya agge uttamabhave). Parmi eux seront juste au sommet
(ati-agge) ceux qui sont désireux d'entraînement; et
ceux dont le ressort est les quatre fondations de l'attention seront
au tout sommet d'entre-eux."
21.
Kappam va tittheyya kappavasesam va. Le Comm. ne prend pas kappa
comme "période-monde" ni "éon,"
mais comme ayu-kappa, "la durée de vie," et explique
avasesa (habituellement "reste") par "en excès."
Comm.:
"Il peut rester en vie en complétant la durée de
vie qui appartient aux hommes au temps donné. (Sous-Comm.: la
durée de vie maximum.) Kappavasesa: 'en excès'
(atireka), c-à-d., plus ou moins au-dessus des cent années
qu'on dit être l'espérance de vie normalement la plus
élevée."
Parmi
les nombreux sens du mot kappa, il y a, en fait, celui du temps en
général (kala) et pas seulement la durée d'un
éon; mais le sens "la durée de vie" semble
avoir été attribué à lui seul dans ce
passage. De même, le sens "en excès" pour
avasesa (habituellement "reste") est inhabituel.
Les
quatre composantes des pouvoirs psychiques (iddhipada) sont la
concentration due au zèle, à l'énergie, à
la pureté de l'esprit, et à l'investigation.
22.
Selon le Comm., l'esprit d'Ananda avait été influencé
(pariyutthitacitto) par Mara qui lui avait montré une vision
effrayante ayant distrait son attention, l'empêchant de saisir
la suggestion du Bouddha.
23.
"Convainquant et libératoire." Ceci traduit le seul
mot Pali sappatihariya, tentative de rendre les deux connotations de
ce mot selon les commentaires et dans le contexte d'autres
occurrences dans le Canon. Les commentaires le font dériver du
verbe patiharati, "enlever," et l'expliquent par (1)
l'enlèvement de ce qui est contraire, par ex., l'opposition et
les objections (couvertes par "convainquant"), et (2)
l'enlèvement des obstructions intérieures, c-à-d.,
les souillures tel que l'avidité, etc., qu'effectue l'état
d'arahat. C'est probablement pour pointer ce dernier sens que le
commentaire à notre présent texte paraphrase notre
passage comme suit: "jusqu'à ce qu'ils soient capables de
prêcher l'Enseignement dans sa capacité libératoire
(niyyanika)."
24.
Tulam atulañca sambhavam: litt. "la cause productive
mesurable et incommensurable cause (de la vie)," c-à-d.,
l'action volitionelle qui cause une renaissance dans la sphère
confinée, ou des sens limités, ou dans les sphères
sans limites matérielle fine et immatérielle.
25.
Bhavasankhara: la force formative du devenir, au sens de ces formes
d'existence.
26.
Kavacam iv'attasambhavam. Comm.: "Il rompt à cause de
l'entier réseau des souillures qui enveloppe l'existence
individuelle comme une cotte de maille; il rompt les souillures comme
un grand guerrier rompt son armure après une battaille."
La version sanscrite donne "comme une coquille d'oeuf"
(kosam iv' anda-sambhavam).
27.
Comm.: "Juste pour cela, le Vénérable Ananda était
conscient du fait: 'Sûrement, aujourd'hui le Béni du
Ciel a renoncé à sa volonté de survivre.'
Quoique le Béni du Ciel ai su que le Vénérable
Ananda en était conscient, il ne lui a pas donné
d'autre opportunité de lui demander de rester pendant le reste
de sa durée de vie, mais il s'adressa à lui à
propos d'autres groupes de huit termes commençant avec les
huit assemblées." Sub. Comm.: "Certains soutiennent
que le Bouddha l'a fait afin de distraire le Vénérable
Ananda et d'empêcher que le chagrin ne naisse en lui."
28.
Voir également le Maha-sihanada Sutta (MN 12).
29.
Abhibhayatana.
30.
C'est -à-dire, "percevant des formes sur son propre
corps." Ceci fait référence à la
concentration préliminaire.
31.
Ceci fait référence au kasina-nimitta, l'après-image
qui survient avec la pleine concentration.
32.
Il dérive le "signe" d'objets extérieurs à
son corps.
33.
Attha vimokkha.
34.
Rupi. Ceci fait référence à l'absorption de la
sphère des formes (rupajjhana) qu'on obtient avec des
objets-forme de son propre corps.
35.
Subhan tveva adhimutto hoti. Comm.: "Par là-même,
l'absorption méditative (jhana), obtenue grâce aux
kasinas bleues, etc., est indiquée par des couleurs très
pures."
36.
Le Comm. dit que les Bouddhas, quand ils regardent derrière
eux, se retournent de tout leur corps comme le fait un éléphant.
37.
Dans la précédente édition de ce travail,
mahapadesa était rendu par "grandes autorités."
On sait maintenant que le sens exact d'apadesa n'est pas "autorité,"
mais "référence" ou "source." De
plus, dans ce passage il est clair qu'il n'y a que deux seules
"autorités" réelles -- les Discours (Suttas)
et la Discipline (Vinaya).
38.
Sukara-maddava: terme controversé qu'on a donc laissé
sans traduction. Sukara = porc; maddava = tendre, moëlleux,
délicat. D'où il ressort que deux renditions
alternatives du composé sont possibles: (1) les parties
tendres d'un cochon ou d'un sanglier; (2) celles qui sont appréciées
par les cochons et les sangliers. Dans ce dernier sens, on a pensé
que ce terme faisait référence à un champignon
ou à une truffe, ou encore à un igname ou autre
tubercule. K.E. Neumann, dans la préface à sa
traduction allemande du Majjhima Nikaya, tire d'un compendium indien
de plantes médicinales, le Rajanigantu, les noms de plusieurs
plantes commençant par sukara.
Le
commentaire à notre texte donne trois explications
alternatives: (1) la chair d'un seul cochon (sauvage) premier-né,
ni trop jeune ni trop vieux, qui aurait été disponible
naturellement, c-à-d., sans avoir été tué
intentionellement; (2) une préparation de riz bouilli moëlleux
cuit avec les cinq produits de la vache; (3) une sorte d'élixir
alchimique (rasayanavidhi). Dhammapala, dans son commentaire à
l'Udana VIII.5, donne, en plus, de jeunes pousses de bambou piétinées
par les cochons (sukarehi maddita-vamsakaliro).
39.
Comm.: "Ces versets, et d'autres à la suite, furent
insérés par les anciens qui colligeaient le Dhamma (les
textes, au Premier Concile)."
40.
Alara Kalama était un des enseignants du Bouddha avant son
Eveil. Il enseigna au Bodhisatta comment atteindre la sphère
de la vacuité, mais ne put pas lui montrer le sentier du
Nibbana.
41.
Comm.: "Du bourg de Pava il y a trois gavutas (approx. cinq
milles / 9km ) jusqu'à Kusinara. Après avoir marché
cette distance avec grand effort et s'être assis à
vingt-cinq endroits en chemin, le Béni du Ciel atteint le
Bosquet de Salas au crépuscule quand le soleil se fut déjà
couché. Ainsi vient la maladie à l'homme, écrasant
toute sa santé. Comme s'il avait voulu souligner ce fait, le
Béni du Ciel prononça ces paroles qui émurent
profondément le monde entier: 'Je suis fatigué, Ananda,
et je veux m'étendre.'"
42.
Voir The Four Sacred Shrines, par Piyadassi Thera (BPS Bodhi Leaves
Non. 8).
43.
A Lumbini, près de Kapilavatthu, siège ancestral des
Sakyas au pied des Himalayas. Un pilier d'Asoka signale l'endroit.
44.
A Bodh-Gaya, dans le Bihar.
45.
A Isipatana près de Bénarès (la moderne
Sarnath).
46.
Sadatthe. Comm.: "pour propos le plus élevé,
l'objectif de l'état d'arahat." Il existe une leçon
différente, saratthe, "pour un besoin essential."
47.
Cakkavatti-raja: l'idéal du roi de justice selon la tradition
bouddhiste.
48.
Ayasa: généralement "fait de fer," a ici
selon le Comm. le sens de "fait d'or," pour lequel il y a
également confirmation par l'usage sanscrit du mot.
49.
Paccekabuddha est quelqu'un d'éveillé pour lui seul.
Ces Paccekabuddhas surviennent aux époques où il n'y a
pas d'Etre Pleinement Eveillé (samma-sambuddha). Comme ce
dernier, ils arrivent à l'Eveil par leurs propres efforts,
mais au contraire d'eux, ils ne sont pas capables à conduire
d'autres personnes à la délivrance. Voir Ria
Kloppenberg, The Paccekabuddha: A Buddhist Ascetic (BPS Wheel No.
305/307).
50.
Le mot vihara, donné dans le texte, ne peut pas faire ici
référence à un monastère ou à des
lieux de vie pour les moines. Le Comm. l'explique comme un pavilion
(mandala-mala). Si la localité servait de point de rencontre
pour le clan, comme le mentionne le Comm., il aurait bien pu y avoir
là une sorte d'abri. La couche au grand air, que le Maître
demanda à Ananda de lui préparer, était
probablement un siège pour les chefs du clan des Mallas
installé à cet endroit.
51.
Sekha. Ceci signifie ceux qui étaient aux trois étapes
inférieures de l'émancipation, avant d'atteindre l'état
d'arahat. Ananda, en ce temps-là, avait atteint la première
de ces étapes, l'entrée dans le courant.
52.
Anasavo: c'est-à-dire, un arahat.
53.
Les "sept joyaux" d'un monarque universel sont: la roue
magique, emblème de sa souveraineté, par laquelle il
conquiert la terre sans faire usage de la force; son merveilleux
éléphant; son cheval; sa belle épouse; sa gemme
précieuse; son trésorier; et son conseiller. Tout sont
dotés d'extraordinaires propriétés. Pour plus de
détails sur Maha Sudassana, voir le sutta qui porte son nom,
DN 17.
54.
Les quatre degré de sainteté sont
l'entré-dans-le-courant (sotapanna),
celui-qui-reviendra-une-fois (sakadagami), celui-qui-ne-reviendra-pas
(anagami), et l'arahat.
55.
"Ami," en Pali est avuso, "vénérable
monsieur" = bhante, "révérend" = ayasma.
56.
Comme Ananda, à ce point, ne demanda pas quelles étaient
les règles mineures, le Sangha décida de n'abolir
aucune des règles du Vinaya.
57.
Channa avaient été le conducteur de char du Bouddha
quand ce dernier était encore un prince vivant au palais. A
cause de sa connexion antérieure avec le Bouddha, il était
obstiné et refusait de se soumettre à la discipline.
Cette imposition de la "pénalité la plus élevée"
(brahmadanda) le transforma en un moine obéissant.
58.
Handa dani bhikkhave amantayami vo: Vayadhamma sankhara appamadena
sampadetha. Earnestness (appamada) s'explique comme "présence
de l'attention." Le Comm.: "'Vous devriez accomplir tous
vos devoirs sans premettre à l'attention de se relâcher!'
C'est ainsi que le Béni du Ciel, sur son lit de Parinibbâna,
résuma de ce seul mot sur la sincérité le
conseil qu'il avait donné tout au long de ces quarante-cinq
années."
59.
Anuruddha, le frère aîné d'Ananda, devait savoir
cela grâce au pouvoir supra-normal de lecture dans l'esprit des
autres, qu'il possédait.
60.
Brahma Sahampati était une haute divinité du monde de
Brahma. C'était lui qui avait à l'origine demandé
au Bouddha nouvellement éveillé d'enseigner le Dhamma
au monde. Voir MN 26.
61.
Sakka est le roi des dieux dans ciel Tavatimsa, et est donc dans la
hiérarchie cosmologique une figure inférieure à
Brahma Sahampati.
62.
Une fleur céleste qui n'apparait sur terre qu'en de très
spéciales occasions, en particulier en rapport avec les
principaux événements de la vie du Bouddha. Son
apparition entre les mains de l'ascète Ajivaka ascète
signalait au Vénérable Maha Kassapa que le Parinibbâna
du Bouddha avait déjà eu lieu. (Voir ci-dessous,
Section 26.)
63.
C'était un des plus éminents disciples du Bouddha et il
fut le président du Premier Grand Concile qui se tint peu
après le Parinibbâna du Bouddha. Voir Helmuth Hecker,
Maha Kassapa: Father of the Sangha (BPS Wheel No. 345).
64.
Ce Subhadda est une autre personne que le vagabond Subhadda qui était
devenu le dernier disciple personnel du Bouddha.
65.
Le Comm. attribue ces versets aux "Anciens de l'Ile de
Tambapanni (Sri Lanka)."