LES ENSEIGNEMENTS DU BOUDDHA
sermons du canon pali

accueil & 1 à 8
01

sermons 9 à 17
02

sermons 18 à 25
03

satipatthana
04

parinibbana
05

autres sutta
06
NOTES

[Les références à l'Anguttara Nikaya (= AN) sont par collection suivie par numéro de sutta; celles au Digha Nikaya (= DN) et au Majjhima Nikaya (= MN) le sont par numéro de sutta.]

1. Bhagava: également rendu par "l'Auspicieux" ou "l'Exalté"; appellation vraiment très fréquente du Bouddha, quoique non restreinte à l'usage bouddhiste.

2. Ajatasattu Vedehiputta. Le Comm. dit que la mère d'Ajatasattu était une princesse du Kosala et pas la fille du roi Vedehi. Ce qui fait que le Comm. explique vedehiputta par "fils d'une sage mère." Ajatasattu était devenu roi du puissant état de Magadha après avoir assassiné son père, le roi Bimbisara (voir DN 2).

3. Tathâgata: litt. "Ainsi-allé" ou "Ainsi-venu"; une autre appellation du Bouddha, généralement utilisée quand il parlait de lui-même.

4. Ananda était un cousin du Bouddha et son serviteur personnel pendant vingt-quatre années. Il atteint l'état d'arahat après la disparition du Bouddha, juste avant le début du Premier Concile, où il fut le récitant du Digha Nikaya et l'autorité pour le Sutta Pitaka.

5. Le discours ici désigné est AN VII.19.

6. Les noms de groupe, qui sont pas dans l'original, sont fournis par d'autres références aux qualités concernées; ici satta saddhamma, à propos duquel voir AN VII.63; MN 53. Dans le Comm. à MN 8 ils sont appelés "l'équipement complet requis pour la pénétration" (BPS Wheel No. 61/62, p.48).

7. Satta bojjhanga. Voir Piyadassi Thera, The Seven Factors for Awakening (BPS Wheel No. 1).

8. Saraniya dhamma: également à MN 48, AN VI.11, 12.

9. La vertu (sila), la concentration (samadhi), et la sagesse (pañña) sont les trois divisions du Noble Octuple Sentier. Notre texte insiste encore et encore sur l'importance d'un plein développement de toutes les trois pour la libération finale.

10. Asava: ces facteurs de souillure -- le désir sensuel, la soif inextinguible d'existence, et l'ignorance -- premiers responsables du maintien de l'enchaînement au cycle des renaissances. Egalement traduit par "chancres" ou "corruptions." Des textes ultérieurs en ajoutent un quatrième, la souillure de vues erronées.

11. Sariputta était le principal disciple du Bouddha et celui qui excellait en sagesse. Pour un compte-rendu complet de la vie et des oeuvres de cette illustre personnage, voir Nyanaponika Thera, The Life de Sariputta (BPS Wheel No. 90/92).

12. Evam-dhamma. Comm. & Sous-comm.: Ceci fait référence à la concentration et aux qualités mental qui appartiennent à la concentration (samadhipakkhiya dhamma) telles que l'énergie, l'attention, etc. Le Comm. explique "s'en tenant à" (vihara) comme s'en tenant à l'accès à la cessation (nirodha-samapatti).

13. Evam-vimutta: leur délivrance des souillures et des futures renaissances.

14. Sur les cinq empêchements, voir Nyanaponika Thera, The Five Mental Hindrances (BPS Wheel No. 26).

15. Sur les quatre fondations de l'attention, voir ci-dessous, II:14. Les sept facteurs de l'éveil sont énumérés dans I:9.

16. Puta-bhedanam. Le Comm. l'explique comme l'ouverture, le déballage, de boîtes (puta) de marchandises à fins de distribution. Mais il renvoie probablement à l'éclatement de la coque des semences de la fleur de patali.

17. Le stage d'l'état d'arahat, le dernier des quatre stages de la délivrance. Les prochains trois paragraphes font référence à des disciples des trois stades inférieurs, respectivement, le non-revenant, le ne-revient-qu'une-fois, et l'entré-dans-le-courant (anagami, sakadagami, sotapanna).

18. Ou: "non retardé (dans ses résultats)."

19. Animitta cetosamadhi. Le Comm. explique ici ce terme comme faisant référence à l'accès au fruit de l'état d'arahat (phalasamapatti), dans lequel le Bouddha devient absorbé dans l'expérience directe du Nibbana et ne s'occupe plus d'objets extérieurs ni ne ressent de sensations mondaines. Dans un autre contexte cela peut signifier la concentration développée par la pénétration intensive.

20. Tamatagge: un mot difficile. Le Comm. le tient pour la forme superlative, aggatama, "supérieure," mais fait également allusion au mot Pali tama, "obscurité." Il est assez difficile d'accepter qu'un suffixe superlatif puisse être fait précéder la parole qu'il qualifie. Des parallèles tibétains et chinois (Waldschmidt, Das Mahaparinirvana-sutra Berlin, 1950-51) pp. 200 ff.) pointent dans la direction du sens "supérieur." Dans les fragments de la version sanscrite de Turfan, ces paroles ne sont pas préservées. Le Comm. dit: "Tamatagge = tama-agge; le 't' au milieu est inséré pour des raisons d'euphonie. Le sens en est: ceux-ci sont les plus hauts, les vraiment éminents (ime aggatama tamatagga). Ayant tranché tout lien avec l'obscurité (tama-yoga), ces miens bhikkhus seront au tout sommet, au plus haut rang (ativiya agge uttamabhave). Parmi eux seront juste au sommet (ati-agge) ceux qui sont désireux d'entraînement; et ceux dont le ressort est les quatre fondations de l'attention seront au tout sommet d'entre-eux."

21. Kappam va tittheyya kappavasesam va. Le Comm. ne prend pas kappa comme "période-monde" ni "éon," mais comme ayu-kappa, "la durée de vie," et explique avasesa (habituellement "reste") par "en excès."

Comm.: "Il peut rester en vie en complétant la durée de vie qui appartient aux hommes au temps donné. (Sous-Comm.: la durée de vie maximum.) Kappavasesa: 'en excès' (atireka), c-à-d., plus ou moins au-dessus des cent années qu'on dit être l'espérance de vie normalement la plus élevée."

Parmi les nombreux sens du mot kappa, il y a, en fait, celui du temps en général (kala) et pas seulement la durée d'un éon; mais le sens "la durée de vie" semble avoir été attribué à lui seul dans ce passage. De même, le sens "en excès" pour avasesa (habituellement "reste") est inhabituel.

Les quatre composantes des pouvoirs psychiques (iddhipada) sont la concentration due au zèle, à l'énergie, à la pureté de l'esprit, et à l'investigation.

22. Selon le Comm., l'esprit d'Ananda avait été influencé (pariyutthitacitto) par Mara qui lui avait montré une vision effrayante ayant distrait son attention, l'empêchant de saisir la suggestion du Bouddha.

23. "Convainquant et libératoire." Ceci traduit le seul mot Pali sappatihariya, tentative de rendre les deux connotations de ce mot selon les commentaires et dans le contexte d'autres occurrences dans le Canon. Les commentaires le font dériver du verbe patiharati, "enlever," et l'expliquent par (1) l'enlèvement de ce qui est contraire, par ex., l'opposition et les objections (couvertes par "convainquant"), et (2) l'enlèvement des obstructions intérieures, c-à-d., les souillures tel que l'avidité, etc., qu'effectue l'état d'arahat. C'est probablement pour pointer ce dernier sens que le commentaire à notre présent texte paraphrase notre passage comme suit: "jusqu'à ce qu'ils soient capables de prêcher l'Enseignement dans sa capacité libératoire (niyyanika)."

24. Tulam atulañca sambhavam: litt. "la cause productive mesurable et incommensurable cause (de la vie)," c-à-d., l'action volitionelle qui cause une renaissance dans la sphère confinée, ou des sens limités, ou dans les sphères sans limites matérielle fine et immatérielle.

25. Bhavasankhara: la force formative du devenir, au sens de ces formes d'existence.

26. Kavacam iv'attasambhavam. Comm.: "Il rompt à cause de l'entier réseau des souillures qui enveloppe l'existence individuelle comme une cotte de maille; il rompt les souillures comme un grand guerrier rompt son armure après une battaille." La version sanscrite donne "comme une coquille d'oeuf" (kosam iv' anda-sambhavam).

27. Comm.: "Juste pour cela, le Vénérable Ananda était conscient du fait: 'Sûrement, aujourd'hui le Béni du Ciel a renoncé à sa volonté de survivre.' Quoique le Béni du Ciel ai su que le Vénérable Ananda en était conscient, il ne lui a pas donné d'autre opportunité de lui demander de rester pendant le reste de sa durée de vie, mais il s'adressa à lui à propos d'autres groupes de huit termes commençant avec les huit assemblées." Sub. Comm.: "Certains soutiennent que le Bouddha l'a fait afin de distraire le Vénérable Ananda et d'empêcher que le chagrin ne naisse en lui."

28. Voir également le Maha-sihanada Sutta (MN 12).

29. Abhibhayatana.

30. C'est -à-dire, "percevant des formes sur son propre corps." Ceci fait référence à la concentration préliminaire.

31. Ceci fait référence au kasina-nimitta, l'après-image qui survient avec la pleine concentration.

32. Il dérive le "signe" d'objets extérieurs à son corps.

33. Attha vimokkha.

34. Rupi. Ceci fait référence à l'absorption de la sphère des formes (rupajjhana) qu'on obtient avec des objets-forme de son propre corps.

35. Subhan tveva adhimutto hoti. Comm.: "Par là-même, l'absorption méditative (jhana), obtenue grâce aux kasinas bleues, etc., est indiquée par des couleurs très pures."

36. Le Comm. dit que les Bouddhas, quand ils regardent derrière eux, se retournent de tout leur corps comme le fait un éléphant.

37. Dans la précédente édition de ce travail, mahapadesa était rendu par "grandes autorités." On sait maintenant que le sens exact d'apadesa n'est pas "autorité," mais "référence" ou "source." De plus, dans ce passage il est clair qu'il n'y a que deux seules "autorités" réelles -- les Discours (Suttas) et la Discipline (Vinaya).

38. Sukara-maddava: terme controversé qu'on a donc laissé sans traduction. Sukara = porc; maddava = tendre, moëlleux, délicat. D'où il ressort que deux renditions alternatives du composé sont possibles: (1) les parties tendres d'un cochon ou d'un sanglier; (2) celles qui sont appréciées par les cochons et les sangliers. Dans ce dernier sens, on a pensé que ce terme faisait référence à un champignon ou à une truffe, ou encore à un igname ou autre tubercule. K.E. Neumann, dans la préface à sa traduction allemande du Majjhima Nikaya, tire d'un compendium indien de plantes médicinales, le Rajanigantu, les noms de plusieurs plantes commençant par sukara.

Le commentaire à notre texte donne trois explications alternatives: (1) la chair d'un seul cochon (sauvage) premier-né, ni trop jeune ni trop vieux, qui aurait été disponible naturellement, c-à-d., sans avoir été tué intentionellement; (2) une préparation de riz bouilli moëlleux cuit avec les cinq produits de la vache; (3) une sorte d'élixir alchimique (rasayanavidhi). Dhammapala, dans son commentaire à l'Udana VIII.5, donne, en plus, de jeunes pousses de bambou piétinées par les cochons (sukarehi maddita-vamsakaliro).


39. Comm.: "Ces versets, et d'autres à la suite, furent insérés par les anciens qui colligeaient le Dhamma (les textes, au Premier Concile)."

40. Alara Kalama était un des enseignants du Bouddha avant son Eveil. Il enseigna au Bodhisatta comment atteindre la sphère de la vacuité, mais ne put pas lui montrer le sentier du Nibbana.

41. Comm.: "Du bourg de Pava il y a trois gavutas (approx. cinq milles / 9km ) jusqu'à Kusinara. Après avoir marché cette distance avec grand effort et s'être assis à vingt-cinq endroits en chemin, le Béni du Ciel atteint le Bosquet de Salas au crépuscule quand le soleil se fut déjà couché. Ainsi vient la maladie à l'homme, écrasant toute sa santé. Comme s'il avait voulu souligner ce fait, le Béni du Ciel prononça ces paroles qui émurent profondément le monde entier: 'Je suis fatigué, Ananda, et je veux m'étendre.'"

42. Voir The Four Sacred Shrines, par Piyadassi Thera (BPS Bodhi Leaves Non. 8).

43. A Lumbini, près de Kapilavatthu, siège ancestral des Sakyas au pied des Himalayas. Un pilier d'Asoka signale l'endroit.

44. A Bodh-Gaya, dans le Bihar.

45. A Isipatana près de Bénarès (la moderne Sarnath).

46. Sadatthe. Comm.: "pour propos le plus élevé, l'objectif de l'état d'arahat." Il existe une leçon différente, saratthe, "pour un besoin essential."

47. Cakkavatti-raja: l'idéal du roi de justice selon la tradition bouddhiste.

48. Ayasa: généralement "fait de fer," a ici selon le Comm. le sens de "fait d'or," pour lequel il y a également confirmation par l'usage sanscrit du mot.

49. Paccekabuddha est quelqu'un d'éveillé pour lui seul. Ces Paccekabuddhas surviennent aux époques où il n'y a pas d'Etre Pleinement Eveillé (samma-sambuddha). Comme ce dernier, ils arrivent à l'Eveil par leurs propres efforts, mais au contraire d'eux, ils ne sont pas capables à conduire d'autres personnes à la délivrance. Voir Ria Kloppenberg, The Paccekabuddha: A Buddhist Ascetic (BPS Wheel No. 305/307).

50. Le mot vihara, donné dans le texte, ne peut pas faire ici référence à un monastère ou à des lieux de vie pour les moines. Le Comm. l'explique comme un pavilion (mandala-mala). Si la localité servait de point de rencontre pour le clan, comme le mentionne le Comm., il aurait bien pu y avoir là une sorte d'abri. La couche au grand air, que le Maître demanda à Ananda de lui préparer, était probablement un siège pour les chefs du clan des Mallas installé à cet endroit.

51. Sekha. Ceci signifie ceux qui étaient aux trois étapes inférieures de l'émancipation, avant d'atteindre l'état d'arahat. Ananda, en ce temps-là, avait atteint la première de ces étapes, l'entrée dans le courant.

52. Anasavo: c'est-à-dire, un arahat.

53. Les "sept joyaux" d'un monarque universel sont: la roue magique, emblème de sa souveraineté, par laquelle il conquiert la terre sans faire usage de la force; son merveilleux éléphant; son cheval; sa belle épouse; sa gemme précieuse; son trésorier; et son conseiller. Tout sont dotés d'extraordinaires propriétés. Pour plus de détails sur Maha Sudassana, voir le sutta qui porte son nom, DN 17.

54. Les quatre degré de sainteté sont l'entré-dans-le-courant (sotapanna), celui-qui-reviendra-une-fois (sakadagami), celui-qui-ne-reviendra-pas (anagami), et l'arahat.

55. "Ami," en Pali est avuso, "vénérable monsieur" = bhante, "révérend" = ayasma.

56. Comme Ananda, à ce point, ne demanda pas quelles étaient les règles mineures, le Sangha décida de n'abolir aucune des règles du Vinaya.

57. Channa avaient été le conducteur de char du Bouddha quand ce dernier était encore un prince vivant au palais. A cause de sa connexion antérieure avec le Bouddha, il était obstiné et refusait de se soumettre à la discipline. Cette imposition de la "pénalité la plus élevée" (brahmadanda) le transforma en un moine obéissant.

58. Handa dani bhikkhave amantayami vo: Vayadhamma sankhara appamadena sampadetha. Earnestness (appamada) s'explique comme "présence de l'attention." Le Comm.: "'Vous devriez accomplir tous vos devoirs sans premettre à l'attention de se relâcher!' C'est ainsi que le Béni du Ciel, sur son lit de Parinibbâna, résuma de ce seul mot sur la sincérité le conseil qu'il avait donné tout au long de ces quarante-cinq années."

59. Anuruddha, le frère aîné d'Ananda, devait savoir cela grâce au pouvoir supra-normal de lecture dans l'esprit des autres, qu'il possédait.

60. Brahma Sahampati était une haute divinité du monde de Brahma. C'était lui qui avait à l'origine demandé au Bouddha nouvellement éveillé d'enseigner le Dhamma au monde. Voir MN 26.

61. Sakka est le roi des dieux dans ciel Tavatimsa, et est donc dans la hiérarchie cosmologique une figure inférieure à Brahma Sahampati.

62. Une fleur céleste qui n'apparait sur terre qu'en de très spéciales occasions, en particulier en rapport avec les principaux événements de la vie du Bouddha. Son apparition entre les mains de l'ascète Ajivaka ascète signalait au Vénérable Maha Kassapa que le Parinibbâna du Bouddha avait déjà eu lieu. (Voir ci-dessous, Section 26.)

63. C'était un des plus éminents disciples du Bouddha et il fut le président du Premier Grand Concile qui se tint peu après le Parinibbâna du Bouddha. Voir Helmuth Hecker, Maha Kassapa: Father of the Sangha (BPS Wheel No. 345).

64. Ce Subhadda est une autre personne que le vagabond Subhadda qui était devenu le dernier disciple personnel du Bouddha.

65. Le Comm. attribue ces versets aux "Anciens de l'Ile de Tambapanni (Sri Lanka)."



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