LES ENSEIGNEMENTS DU BOUDDHA
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satipatthana
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parinibbana
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autres sutta
06
le dernier repas

Le dernier repas du Bouddha


le regard de l'éléphant

1. Alors le Béni du Ciel, se préparant dans l'avant-midi, prit son bol et sa robe et partit pour Vesali pour mendier. Après sa tournée d'aumônes et son repas, à son retour, il regarda Vesali avec le regard de l'éléphant, [36] et dit au Vénérable Ananda: "Ceci, Ananda, est la dernière fois que le Tathâgata regarde Vesali. Allons, Ananda, allons à Bhandagama." "Qu'il en soit ainsi, ô seigneur." Et le Béni du Ciel prit ses quartiers à Bhandagama de même qu'une grande communauté des bhikkhus.

2. Et le Béni du Ciel s'adressa aux bhikkhus, en disant: "Bhikkhus, c'est par défaut de réalisation, par défaut de pénétration des quatre principes que vous et moi avons subi et sommes entrés dans cette longue course de la naissance et de la mort. Que sont ces quatre? Ce sont la noble vertu; la noble concentration; la noble sagesse; et la noble émancipation. Mais maintenant, bhikkhus, qu'elles ont été réalisées et pénétrées, tranché est le désir insatiable pour l'existence, détruit est ce qui mène au renouvellement du devenir, et il n'y a plus de nouveau devenir."

3. Et ayant prononcé ces paroles, le Béni du Ciel, le Maître, prit encore une fois la parole, en disant:

"La vertu, la concentration, la sagesse, et l'émancipation inégalables --

Ce sont là les principes réalisés par Gotama le renommé; Et, les connaissant, lui, le Bouddha, il a enseigné le Dhamma à ses moines. Lui, le destructeur de la souffrance, le Maître, le Voyant, est en paix."

4. Et à Bhandagama aussi le Béni du Ciel souvent donnait conseil aux bhikkhus ainsi: "Telle et telle est la vertu; telle et telle est la concentration; et telle et telle est la sagesse. Grand devient le fruit, grand est le gain de la concentration lorsqu'elle est pleinement développée par la conduite vertueuse; grand devient le fruit, grand est le gain de la sagesse lorsqu'elle est pleinement développée par la concentration; l'esprit qui est pleinement développé dans la sagesse est complètement libéré des pollutions de la luxure, du devenir, et de l'ignorance.."

5. Lorsque le Béni du Ciel eut resté à Bhandagama aussi longtemps qu'il lui avait plu, il s'adressa au Vénérable Ananda: "Allons, Ananda, allons à Hatthigama." "Qu'il en soit ainsi, Seigneur." Et le Béni du Ciel prit ses quartiers à Hatthigama de même qu'une grande communauté des bhikkhus.

Et quand le Béni du Ciel eut resté à Hatthigama aussi longtemps qu'il lui avait plu, il prit ses quartiers à Ambagama, et puis à Jambugama. Et à chacun de ces endroits le Béni du Ciel souvent donnait conseil aux bhikkhus ainsi: "Telle et telle est la vertu; telle et telle est la concentration; et telle et telle est la sagesse. Grand devient le fruit, grand est le gain de la concentration lorsqu'elle est pleinement développée par la conduite vertueuse; grand devient le fruit, grand est le gain de la sagesse lorsqu'elle est pleinement développée par la concentration; l'esprit qui est pleinement développé dans la sagesse est complètement libéré des pollutions de la luxure, du devenir, et de l'ignorance.."


6. Et quand le Béni du Ciel eut resté à Jambugama aussi longtemps qu'il lui avait plu, il s'adressa au Vénérable Ananda: "Allons, Ananda, allons à Bhoganagara." "Qu'il en soit ainsi, Seigneur." Et le Béni du Ciel prit ses quartiers à Bhoganagara de même qu'une grande communauté des bhikkhus, et il demeura dans le sanctuaire d'Ananda.



les quatre grandes références

7. Et là le Béni du Ciel s'adressa aux bhikkhus, en disant: "Maintenant, bhikkhus, je vais vous faire connaître les quatre grandes références. [37] et soyez attentifs à mes paroles." Et ces bhikkhus répondirent, en disant: "Qu'il en soit ainsi, Seigneur."

8-11. Alors le Béni du Ciel dit: "De cette façon, bhikkhus, un bhikkhu pourrait déclarer: 'Face à face avec le Béni du Ciel, mes frères, j'ai entendu dire et j'ai appris ainsi: Ceci est le Dhamma et la Discipline, ce qu'a dispensé le Maître'; ou: 'Dans une demeure de tel ou tel nom vit une communauté avec anciens et un maître. Face à face avec cette communauté, j'ai entendu dire et j'ai appris ainsi: Ceci est le Dhamma et la Discipline, ce qu'a dispensé le Maître'; ou: 'Dans une demeure de tel ou tel nom vivent plusieurs bhikkhus qui sont anciens, qui sont instruits, qui ont accompli leur course, qui sont des protecteurs du Dhamma, de la Discipline, et des Sommaires. Face à face avec ces anciens, j'ai entendu dire et j'ai appris ainsi: Ceci est le Dhamma et la Discipline, ce qu'a dispensé le Maître'; ou: 'Dans une demeure de tel ou tel nom vit un seul bhikkhu qui est un ancien, qui est instruit, qui a accompli sa course, qui est un protecteur du Dhamma, de la Discipline, et des Sommaires. Face à face avec cet ancien, j'ai entendu dire et j'ai appris ainsi: Ceci est le Dhamma et la Discipline, ce qu'a dispensé le Maître.'

"Dans un tel cas, bhikkhus, la déclaration d'un tel bhikkhu ne doit être reçue ni avec approbation ni avec mépris. Sans approbation et sans mépris, mais en étudiant avec soin les phrases mot à mot, on devrait les chercher dans les Discours et les vérifier par la Discipline. Si on ne peut les retrouver ni dans les Discours ni vérifiables par la Discipline, on devrait conclure ainsi: 'Certainement, ceci n'est pas une déclaration du Béni du Ciel; cela a été malentendu par ce bhikkhu -- ou par cette communauté, ou par ces anciens, ou par cet ancien.' De cette manière, bhikkhus, vous devriez la rejeter. Mais si les phrases concernées peuvent être retracées dans les Discours et vérifiées par la Discipline, alors on devrait conclure ainsi: 'Certainement, ceci est une déclaration du Béni du Ciel; cela a été bien compris par ce bhikkhu -- ou par cette communauté, ou par ces anciens, ou par cet ancien.' Et de cette manière, bhikkhus, vous pouvez l'accepter d'après la première, la seconde, la troisième, ou la quatrième référence. Ce sont là, bhikkhus, les quatre grandes références que vous devrez préserver."

12. Et à Bhoganagara aussi, au sanctuaire d'Ananda, le Béni du Ciel souvent donnait conseil aux bhikkhus ainsi: "Telle et telle est la vertu; telle et telle est la concentration; et telle et telle est la sagesse. Grand devient le fruit, grand est le gain de la concentration lorsqu'elle est pleinement développée par la conduite vertueuse; grand devient le fruit, grand est le gain de la sagesse lorsqu'elle est pleinement développée par la concentration; l'esprit qui est pleinement développé dans la sagesse est complètement libéré des pollutions de la luxure, du devenir, et de l'ignorance.."

13. Lorsque le Béni du Ciel eut resté à Bhoganagara aussi longtemps qu'il lui avait plu, il s'adressa au Vénérable Ananda, en disant: "Allons, Ananda, allons à Pava."

"Qu'il en soit ainsi, Seigneur." Et le Béni du Ciel prit ses quartiers à Pava de même qu'une grande communauté de bhikkhus, et il demeura dans le Bosquet de Manguiers de Cunda, qui était de par sa famille un travailleur des métaux.



dernier repas

14. Et Cunda le métallier vint à savoir: "Le Béni du Ciel, dit-on, est arrivé à Pava, et demeure dans mon bosquet de manguiers." Et il alla trouver le Béni du Ciel, et l'ayant salué respectueusement, s'assit d'un côté. Et le Béni du Ciel instruisit Cunda le métallier dans le Dhamma, et le stimula, l'édifia, et le réjouit.

15. Alors Cunda s'adressa au Béni du Ciel, en disant: "Puisse le Béni du Ciel, ô seigneur, avoir la bonté d'accepter mon invitation pour le repas de demain, ensemble avec la communauté des bhikkhus." Et par son silence le Béni du Ciel consentit.

16. Assuré, alors, du consentement du Béni du Ciel, Cunda le métallier se leva de son siège, salua respectueusement le Béni du Ciel, et tenant son côté droit envers lui, prit congé.

17. Et Cunda le métallier, dès que la nuit fut passée, fit préparer des mets de choix, durs et tendres, dans sa demeure, de même qu'une quantité de sukara-maddava, [38] et l'annonça au Béni du Ciel, en disant: "Il est temps, ô seigneur, le repas est prêt."

18. Là-dessus le Béni du Ciel, dans l'avant-midi, s'étant préparé, prit son bol et sa robe et partit avec la communauté des bhikkhus pour la maison de Cunda, et là s'assit sur le siège préparé pour lui. Et il s'adressa à Cunda, en disant: "Les sukara-maddava que tu as préparés, Cunda, tu peux me les servir; le reste des mets, durs et tendres, tu peux les servir à la communauté des bhikkhus." "Qu'il en soit ainsi, Seigneur." Et les sukara-maddava préparés par lui, il les servit au Béni du Ciel; et les autres mets, durs et tendres, il les servit à la communauté des bhikkhus.

19. Après cela le Béni du Ciel s'adressa à Cunda, en disant: "Quoi qu'il reste, Cunda, des sukara-maddava, enterre-le dans un trou. Car je ne vois pas dans tous ce monde, avec ses dieux, Maras, et Brahmas, parmi la foule des ascètes et des brahmanes, des dieux et des hommes, quiconque qu'on pourrait les manger et les digérer entièrement à l'exception du seul Tathâgata." Et Cunda le métallier répondit le Béni du Ciel en disant: "Qu'il en soit ainsi, ô seigneur." Et ce qui restait des sukara-maddava il l'enterra dans un trou.

20. Alors il revint au Béni du Ciel, le salua respectueusement, et s'assit d'un côté. Et le Béni du Ciel instruisit Cunda le métallier dans le Dhamma, et le stimula, l'édifia, et le réjouit. Après ceci il se leva de son siège et partit.

21. Et peu après que le Béni du Ciel eût mangé le repas fourni par Cunda le métallier, une horrible maladie tomba sur lui, probablement la dysenterie, et il souffrit des douleurs aiguës et mortelles. Mais le Béni du Ciel les supporta avec attention, en état de comprendre clairement et imperturbable.

22. Alors le Béni du Ciel s'adressa au Vénérable Ananda, en disant: "Allons, Ananda, allons à Kusinara." Et le Vénérable Ananda répondit: "Qu'il en soit ainsi, Seigneur."

23. Lorsqu'il avaient mangé la nourriture de Cunda, ai-je entendu :

Avec force morale les mortelles douleurs il supporta.

A cause des sukara-maddava une atroce et épouvantable maladie vint au Seigneur.

Mais les tourments de la nature il endura. "Allons, partons pour Kusinara," fut son indomptable parole. [39]



l'éclaircissement des eaux

24. Or, en chemin le Béni du Ciel s'écarta de la route et s'arrêta au pied d'un arbre. Et il dit au Vénérable Ananda: "Je t'en prie, plie ma robe supérieure en quatre, Ananda, et pose la par terre. Je suis fatigué et je veux me reposer un peu."

"Qu'il en soit ainsi, Seigneur." Et le Vénérable Ananda plia la robe en quatre et l'étendit par terre.

25. Et le Béni du Ciel s'assit sur le siège préparé pour lui et dit au Vénérable Ananda: "Je t'en prie, apporte-moi de l'eau, Ananda. J'ai soif et je voudrais boire."

26. Et le Vénérable Ananda répondit au Béni du Ciel: "Mais juste à l'instant, Seigneur, un grand nombre de chariots, peut-être même cinq cent chariots, sont passés, et la profondeur de l'eau a été traversée par les roues, de sorte qu'elle est maintenant trouble et boueuse. Mais la Kakuttha, Seigneur, est assez près, et ses eaux sont claires, agréables, fraîches, et translucides. On peut facilement s'en approcher et elle est délicieusement située. Là le Béni du Ciel pourra étancher sa soif et rafraîchir ses membres."

27-29. Mais une seconde fois le Béni du Ciel fit sa requête, et le Vénérable Ananda lui répondit comme devant. Et alors pour une troisième fois le Béni du Ciel dit: "Je t'en prie, apporte-moi de l'eau, Ananda. J'ai soif et je veux boire."

30. Alors le Vénérable Ananda répondit, en disant: "Qu'il en soit ainsi, Seigneur." Et il prit son bol et alla au cours d'eau. Et la profondeur de l'eau, qui avait été traversée par les roues de sorte qu'elle coulait trouble et boueuse, était devenue claire et avait décanté, pure et agréable alors que s'approchait le Vénérable Ananda.

31. Alors le Vénérable Ananda se dit: "Merveilleux et bien extraordinaires sont effectivement le pouvoir et la gloire du Tathâgata!"

32. Et il prit de l'eau dans son bol et la rapporta au Béni du Ciel, et dit: "Merveilleux et bien extraordinaires sont effectivement le pouvoir et la gloire du Tathâgata! Car cette profondeur de l'eau, qui avait été traversée par les roues de sorte qu'elle coulait trouble et boueuse, était devenue claire et avait décanté, pure et agréable, alors que je m'en approchais. Maintenant que le Béni du Ciel boive de l'eau. Que le Béni du Ciel boive." Et le Béni du Ciel but de l'eau.



Pukkusa le Malla

33. Il se produisit alors qu'un Pukkusa du clan des Mallas, qui était un disciple d' Alara Kalama, passait par là, de Kusinara à Pava.[40]

34. Et quand il vit le Béni du Ciel assis au pied d'un arbre, il s'approcha de lui, le salua respectueusement, et s'assit d'un côté. Et il s'adressa au Béni du Ciel, en disant: "Il est merveilleux, Seigneur, il est bien extraordinaire, ô seigneur, l'état de calme dans lequel demeurent ceux qui ont quitté le monde.

35. "Car une fois, Seigneur, Alara Kalama était en voyage, et il s'écarta de la route et s'assit au bord de la route au pied d'un arbre pour laisser passer la chaleur de la journée. Et il se produisit, Seigneur, qu'un grand nombre de chariots, peut-être même cinq cent chariots, passa près de lui, un par un. Et alors, Seigneur, un certain homme qui suivait derrière ce train de chariots, s'approcha et s'adressa à lui, en disant: 'Avez-vous vu, vénérable, un grand nombre de chariots passer près de vous?' Et Alara Kalama lui répondit: 'Je ne les ai pas vu, mon frère.' 'Mais le bruit, vénérable, sûrement vous l'avez entendu?' 'Je ne l'ai pas entendu, mon frère.' Alors cet homme lui demanda: 'Alors, vénérable, peut-être dormiez vous?' 'Non, mon frère, je ne dormais pas.' 'Alors, vénérable, étiez vous conscient?' 'Je l'étais, mon frère.' Alors cet homme dit: 'Alors, vénérable, tout en étant conscient et éveillé vous n'avez pourtant pas vu le grand nombre de chariots, peut-être même cinq cent chariots, passer près de vous un après l'autre, ni entendu le bruit? Pourtant, vénérable, votre robe elle-même est recouverte de leur poussière!' Et Alara Kalama répliqua, en disant: 'Ainsi en est-il, mon frère.'

36. "Et à cet homme, ô seigneur, vint l'idée: 'Il est merveilleux, Seigneur, il est bien extraordinaire, effectivement, l'état de calme dans lequel demeurent ceux qui ont quitté le monde!' Et là surgit en lui une grande foi en Alara Kalama, et il reprit sa route."

37. "Alors qu'en penses-tu, Pukkusa? Qu'est-ce qui est le plus difficile à faire, le plus difficile à trouver -- qu'un homme, cependant que conscient et éveillé, puisse ne pas voir un grand nombre de chariots, peut-être même cinq cent chariots, qui ont passé près de lui un après l'autre, ni n'entendre le bruit, ou qu'un autre, conscient et éveillé, au milieu d'une forte pluie, avec le tonnerre qui gronde, les éclairs qui éclatent, et la foudre qui tombe, puisse ni ne voir ni n'entendre le bruit?"

38. "Que sont, ô seigneur, cinq cent chariots -- que dis-je, six, sept, huit, neuf cent, ou mille, voire des centaines de milliers de chariots -- comparé à ceci?"

39. "Or une fois, Pukkusa, je demeurais à Atuma, et j'avais là ma demeure dans une grange. Et en ce temps-là il y eut une forte pluie, avec le tonnerre qui grondait, les éclairs qui éclataient, et la foudre qui tombait. Et deux fermiers qui étaient frères furent tués près de la grange, de même que quatre boeufs, et une grande foule sortit d'Atuma [pour voir] l'endroit où ils furent tués.

40. "Or en ce temps-là, Pukkusa, j'étais sorti de la grange et j'allais et venais pensif devant la porte. Et un certain homme de la grande foule s'approcha de moi, me salua respectueusement, et se tint d'un côté.

41. "Et je lui demandai: 'Pourquoi, mon frère, cette grande foule s'est-elle assemblée?' Et il me répondit: 'Juste à l'instant, Seigneur, il y a eu une forte pluie, avec le tonnerre qui gronde, les éclairs qui éclatent, et la foudre qui tombe. Et deux fermiers qui étaient frères ont été tués tout près de là, de même que quatre boeufs. C'est à cause de cela que cette grande foule s'est assemblée. Mais vous, Seigneur, où étiez vous?' "J'étais ici, mon frère.' 'Et pourtant, Seigneur, ne l'avez-vous point vu?' 'Je ne l'ai pas vu, mon frère.' 'Mais le bruit, Seigneur, vous l'avez sûrement entendu?' 'Je ne l'ai pas entendu, mon frère.' Alors cet homme me demanda: 'Alors, Seigneur, peut-être dormiez vous?' 'Non, mon frère, je ne dormais pas.' 'Alors, Seigneur, vous étiez conscient?' 'Je l'étais, mon frère.' Alors cet homme dit: 'Alors, Seigneur, cependant que conscient et éveillé, au milieu d'une forte pluie, avec le tonnerre qui gronde, les éclairs qui éclatent, et la foudre qui tombe, vous n'avez ni vu ni entendu le bruit?' Et je lui ai répondu, en disant: 'Non, mon frère.'

42. "Et à cet homme, Pukkusa, vint l'idée: 'Il est merveilleux, Seigneur, il est bien extraordinaire, effectivement, l'état de calme dans lequel demeurent ceux qui ont quitté le monde!' Et là surgit en lui une grande foi, et il me salua respectueusement, et tenant son côté droit envers moi, il reprit sa route."

43. Lorsque ceci eut été dit, Pukkusa du clan des Mallas dit au Béni du Ciel: "La foi, Seigneur, que j'avais en Alara Kalama je la disperse maintenant au vent puissant, je la laisse se faire emporter comme par un courant d'eau! Excellent, ô seigneur, très excellent, ô seigneur! C'est tout comme si, Seigneur, on avait redressé ce qui avait été renversé, ou qu'on révélait ce qui avait été caché, ou qu'on montrait le chemin à qui s'était égaré, ou qu'on allumait une lampe dans l'obscurité de sorte que ceux qui ont des yeux puissent voir -- même ainsi le Béni du Ciel a prononcé le Dhamma de plusieurs façons. Et c'est pourquoi, ô seigneur, je prend refuge dans le Béni du Ciel, le Dhamma, et la Communauté de Bhikkhus. Puisse le Béni du Ciel m'accepter pour son disciple, un qui a pris refuge jusqu'à la fin de sa vie."

44. Alors Pukkusa du clan des Mallas s'adressa à un certain homme, en disant: "Apporte moi tout de suite, ami, deux ensembles de robes aux reflets dorés, polies et prêtes à porter." Et l'homme lui répondit: "Qu'il en soit ainsi, vénérable."

45. Et quand les robes furent apportées, Pukkusa du clan des Mallas les offrit au Béni du Ciel, en disant: "Puisse le Béni du Ciel, ô seigneur, par compassion, accepter ceci de ma part." Et le Béni du Ciel dit: "Habille-moi donc avec l'une, Pukkusa, et avec l'autre, habille Ananda." "Qu'il en soit ainsi, Seigneur." Et là-dessus, il habilla le Béni du Ciel avec une, et avec l'autre, il habilla le Vénérable Ananda.

46. Et alors le Béni du Ciel instruisit Pukkusa du clan des Mallas dans le Dhamma, et le stimula, l'édifia, et le réjouit. Et après cela, Pukkusa se leva de son siège, salua respectueusement le Béni du Ciel, et tenant son côté droit envers lui, reprit sa route.

47. Et peu après que Pukkusa du clan des Mallas soit parti, le Vénérable Ananda arrangea l'ensemble de robes aux reflets dorés, polies et prêtes à porter, sur le corps du Béni du Ciel. Mais quand l'ensemble de robes eut été arrangé sur le corps du Béni du Ciel, il était devenu comme fané, et sa splendeur avait pâli.

48. Et le Vénérable Ananda dit au Béni du Ciel: " C'est merveilleux, Seigneur, c'est bien extraordinaire, effectivement, comme la peau du Tathâgata semble claire et radieuse! Cet ensemble de robes aux reflets dorés, polies et prêtes à porter, Seigneur, maintenant qu'il est disposé sur le corps du Béni du Ciel semble s'être fané, sa splendeur pâlie."

49. "C'est vrai, Ananda. Il y a deux occasions, Ananda, quand la peau du Tathâgata semble excessivement claire et radieuse. Que sont ces deux? La nuit, Ananda, où le Tathâgata devient pleinement éveillé dans l'Éveil suprême et insurpassé, et la nuit où le Tathâgata arrive à son décès final dans l'état de Nibbana dans lequel ne demeure aucun élément d'attachement. Et telles, Ananda, sont les deux occasions où la peau du Tathâgata semble excessivement claire et radieuse.

50. "Et aujourd'hui maintenant, au cours de la dernière veille de cette nuit-même, Ananda, dans le Bosquet de Salas des Mallas, aux environs de Kusinara, entre deux arbres sala, le Tathâgata va arriver à son Parinibbâna. Donc, Ananda, allons maintenant à la rivière Kakuttha."

51. Vêtu du cadeau de Pukkusa, les robes d'or, la forme du Maître était radieuse à voir



A la rivière Kakuttha, le Bouddha apaise les remords de Cunda

52. Alors le Béni du Ciel partit pour la rivière Kakuttha de même qu'une grande communauté de bhikkhus.

53. Et il descendit dans l'eau et se baigna et but. Et sortant de l'eau encore une fois, il partit pour le Bosquet des Manguiers, et là s'adressa au Vénérable Cundaka, en disant: "Je t'en prie, plie ma robe supérieure en quatre, Cundaka, et étend-la par terre. Je suis fatigué et voudrais me reposer un peu."

"Qu'il en soit ainsi, Seigneur." Et Cundaka plia la robe en quatre et l'étendit par terre.

54. Et le Béni du Ciel s'étendit sur son côté droit, dans la posture du lion, un pied posé sur l'autre, et ainsi se disposa lui-même, attentif et en état de comprendre clairement, avec le moment pour se lever à l'esprit. Et le Vénérable Cundaka s'assit juste devant le Béni du Ciel.

55. Le Bouddha à la rivière Kakuttha vint,

Où frais et limpide coule l'agréable courant;

Là lava dans l'eau clair sa carcasse fatiguée

Le Bouddha -- lui, dans tous les mondes suprême!

Et s'étant baigné et ayant bu, l'Enseignant tout droit

Traversa, les bhikkhus se pressant dans son sillage.

Discourant de saintes vérités, le Maître grand

Du Bosquet des Manguiers prit le chemin.

Là à l'ancien Cundaka il s'adressa:

"Etend ma robe, je t'en prie, pliée en quatre."

Alors l'ancien, vif comme l'éclair,

A la requête de l'Enseignant se hâta d'obéir.

Fatigué, le Seigneur s'étendit alors sur la natte,

Et Cundaka sur le sol devant lui s'assit.


56. Alors le Béni du Ciel s'adressa au Vénérable Ananda, en disant: "Il pourrait arriver, Ananda, que quelqu'un veuille causer du remords à Cunda le métallier, en disant: 'Ce n'est pas un gain pour toi, ami Cunda, mais une perte, que que ce soit de toi que le Tathâgata ait pris son dernier repas d'aumônes, et qu'ensuite il ait trouvé sa fin.' Alors, Ananda, le remords de Cunda devrait être dissipé de la manière qui suit: 'C'est un gain pour toi, ami Cunda, c'est une bénédiction que le Tathâgata ait pris son dernier repas d'aumônes de toi, et qu'ensuite il ait trouvé sa fin. Car, ami, face à face avec le Béni du Ciel, je l'ai entendu dire et j'ai appris: "Il y a deux offrandes de nourriture ce qui sont de pareil fruit, de résultat égal, excédant en grandeur le fruit et le résultat de toute autre offrande de nourriture. Quels deux? Celui qu'a partagé le Tathâgata avant de passer dans l'état de Nibbana dans lequel ne demeure aucun élément d'attachement. Par cet acte, le valeureux Cunda a accumulé un mérite qui compte pour une longue vie, la beauté, le bien-être, la gloire, une renaissance céleste, et souveraineté."' C'est ainsi, Ananda, que le remords de Cunda le métallier devrait être dissipé."

57. Alors le Béni du Ciel, comprenant le problème, proféra cette déclaration solennelle:

"Celui qui donne, ses vertus augmentera;

Qui est bien dressé, aucune haine ne porte;

Quiconque est habile en vertu, le mal rejette,

Et par l'éradication de la luxure et de la haine

Et de toute illusion, vient à être en paix."



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