son abandon de l'envie de
vivre
la suggestion du
Béni du Ciel
1.
Alors le Béni du Ciel, se préparant dans
l'avant-midi,
prit son bol et sa robe et partit pour Vesali pour demander
l'aumône.
Après sa tournée d'aumônes et son
repas, à
son retour, il s'adressa au Vénérable Ananda, en
disant: "Prend une natte, Ananda, et allons passer la
journée
au sanctuaire de Capala." "Qu'il en soit ainsi, Seigneur."
Et le Vénérable Ananda prit une natte et suivit
le Béni
du Ciel, pas à pas.
2.
Et le Béni du Ciel alla au sanctuaire de Capala et s'assit
sur
le siège préparé pour lui. Et quand le
Vénérable
Ananda se fut lui-même assis de côté
après
avoir respectueusement salué le Béni du Ciel, le
Seigneur lui dit: "Agréable, Ananda, est Vesali;
agréables sont les sanctuaires de Udena, Gotamaka,
Sattambaka,
Bahuputta, Sarandada, et Capala."
3.
Et le Béni du Ciel dit: "Quiconque, Ananda, a
développé,
pratiqué, employé, renforcé, maintenu,
scruté,
et amené à perfection les quatre composantes des
pouvoirs psychiques pourrait, s'il le voulait, demeurer durant toute
une période-monde ou jusqu'à sa fin. [21] Le
Tathâgata,
Ananda, a ainsi fait. En conséquence le Tathâgata
pourrait, s'il le voulait, demeurer durant toute une
période-monde
ou jusqu'à sa fin."
4.
Mais le Vénérable Ananda fut incapable de saisir
la
perche qu'on lui tendait, l'importante suggestion , donnée
par
le Béni du Ciel. Comme si son esprit avait
été
influencé par Mara, [22] il n'implora pas le Béni
du
Ciel: "Puisse le Béni du Ciel demeurer, ô
seigneur!. Puisse le Béni du Ciel demeurer, ô
seigneur,
tout au long de la période-monde, pour le
bien-être et
le bonheur de la multitude, par compassion pour le monde, pour le
bénéfice, le bien-être, et le bonheur
des dieux
et les hommes!"
5.
Et quand pour une seconde et troisième fois le
Béni du
Ciel répéta ses paroles, le
Vénérable
Ananda garda le silence.
6.
Alors le Béni du Ciel dit au Vénérable
Ananda:
"Va maintenant, Ananda, et fais comme bon te semble."
"Comme vous voudrez, ô seigneur." Et le
Vénérable
Ananda, se levant de son siège, salua respectueusement le
Béni
du Ciel, et tenant son côté droit envers lui, prit
place
assis sous un arbre à quelque distance de là.
l'appel de Mara
7.
Et quand le Vénérable Ananda se fut
éloigné,
Mara, le Malin, s'approcha du Béni du Ciel. Et debout d'un
côté il s'adressa au Béni du Ciel, en
disant:
"Maintenant, ô seigneur, que le Béni du Ciel en
vienne à son décès final; que le
Béni du
Ciel disparaisse complètement! Le temps est venu pour le
Parinibbâna du Seigneur.
"Car
le Béni du Ciel, ô seigneur, m'a dit ces paroles:
'je ne
vais pas arriver à mon décès final,
ô
Malin, tant que mes bhikkhus et bhikkhunis, laïcs et
laïques,
ne seront pas devenus de vrais disciples -- sages, bien
disciplinés,
aptes et instruits, protecteurs du Dhamma, vivant selon le Dhamma,
s'en tenant au comportement approprié, et ayant appris les
paroles du Maître, capables de l'exposer, la
prêcher, la
proclamer, l'établir, la révéler,
l'expliquer en
détail, et la rendre claire; jusqu'à ce que,
quand
surgissent des opinions adverses, ils puissent être en mesure
des réfuter totalement et bien, et de prêcher ce
Dhamma
convainquant et libératoire.' [23]
8.
"Et maintenant, ô seigneur, bhikkhus et bhikkhunis,
laïcs
et laïques, sont devenus les disciples du Béni du
Ciel
exactement de cette manière. Donc, ô seigneur, que
le
Béni du Ciel arrive à son
décès final! Le
temps est venu pour le Parinibbâna du Seigneur.
"Car
le Béni du Ciel, ô seigneur, m'a dit ces paroles:
'je ne
vais pas arriver à mon décès final,
ô
Malin, tant que cette vie sainte enseignée par moi n'aura
pas
été couronnée de succès, ne
sera pas
prospère, très renommée, populaire, et
très
répandue, tant qu'elle n'aura pas été
bien
proclamée parmi les dieux et les hommes.' Et ceci aussi est
arrivé exactement de cette manière. Donc,
ô
seigneur, que le Béni du Ciel arrrive à son
décès
final, que le Béni du Ciel disparaisse
complètement! Le
temps est venu pour le Parinibbâna du Seigneur."
le
Béni du Ciel abandonne son envie de vivre
9.
Lorsque ceci fut dit, le Béni du Ciel s'adressa à
Mara,
le Malin, en disant: "Ne te préoccupe pas, ô
Malin.
D'ici peu le Parinibbâna du Tathâgata surviendra.
Dans
trois mois le Tathâgata va complètement
disparaître."
10.
Et au sanctuaire de Capala le Béni du Ciel ainsi attentif et
en état de comprendre clairement renonça
à sa
volonté de survivre. Et au moment où le Seigneur
renonça à sa volonté de survive,
survint un
terrible tremblement de terre, épouvantable et
abassourdissant, et le tonnerre gronda à travers les cieux.
Et
le Béni du Ciel l'observa en comprenant, et fit cette
déclaration solennelle:
"Ce
qui cause la vie, illimitée ou confinée [24] --
Son
processus du devenir [25] -- à cela le Sage Renonce. Avec
calme et joie intérieurs il rompt, Comme une cotte de
mailles,
la cause de sa propre vie." [26]
11.
Alors il vint à l'esprit du Vénérable
Ananda:
"C'est effectivement merveilleux, et très extraordinaire!
La terre tremble puissamment, terriblement! C'est
épouvantable
et abassourdissant, comme le tonnerre gronde à travers les
cieux! Que pourrait être la raison, que
pourrait-être la
cause, qu'un si puissant tremblement de terre survienne?"
huit causes de tremblement de
terre
12.
Et le Vénérable Ananda s'approcha du
Béni du
Ciel, et le saluant respectueusement, s'assit d'un
côté.
Alors il s'adressa au Béni du Ciel, en disant: "C'est
effectivement merveilleux, et très extraordinaire! La terre
tremble puissamment, terriblement! C'est épouvantable et
abasourdissant, comme le tonnerre gronde à travers les
cieux!
Que pourrait être la raison, que pourrait-être la
cause,
qu'un si puissant tremblement de terre survienne?"
13.
Alors le Béni du Ciel dit: "Il y a huit raisons, Ananda,
huit causes, pour que se produise un puissant tremblement de terre.
Que sont ces huit?
14.
"Cette grande terre, Ananda, est établie sur du liquide,
ce liquide sur l'atmosphère, et l'atmosphère sur
l'espace. Et quand, Ananda, de puissantes perturbations
atmosphériques ont lieu, le liquide est agité. Et
avec
l'agitation du liquide, se produisent des secousses de la terre. Ceci
est la première raison, la première cause pour
que se
produisent de puissant tremblements de terre.
15.
"Encore une fois, Ananda, quand un ascète ou un saint
homme de grand pouvoir, un qui est arrivé à la
maîtrise
de son esprit, ou une divinité qui est puissante et
efficace,
développe une concentration intense sur l'aspect
limité
de la terre-élément, et à un
degré
illimité sur l'élément liquide, eux,
aussi, sont
cause que la terre tremble, frémisse, et secoue. Ceci est la
seconde raison, la seconde cause pour que se produisent de puissants
tremblements de terre.
16-21.
"Encore une fois, Ananda, quand le Bodhisatta quitte le domaine
Tusita et descend dans la matrice de sa mère, attentif et en
état de comprendre clairement; et quand le Bodhisatta sort
de
la matrice de sa mère, attentif et en état de
comprendre clairement; et quand le Tathâgata devient
pleinement
éveillé dans l'Éveil suprême
et
insurpassé; quand le Tathâgata met en mouvement
l'excellente Roue du Dhamma; quand le Tathâgata renonce
à
sa volonté de survivre; et quand le Tathâgata
arrive à
passer dans l'état de Nibbana dans lequel ne demeure aucun
élément d'attachement -- alors, là
aussi,
Ananda, cette grande terre tremble, frémit, et secoue.
"Ce
sont là, Ananda, les huit raisons, les huit causes pour que
se
produise un grand tremblement de terre. [27]
huit assemblées
22.
"Or il y a là huit sortes d'assemblées, Ananda,
c'est à dire, des assemblées de nobles, de
brahmanes,
de maîtres de maison, d'ascètes, des Quatre Grand
Rois,
des Trente-trois dieux, des Maras, et des Brahmas.
23.
"Et je me rappelle, Ananda, comme j'ai assisté à
chacune de ces huit sortes d'assemblées, par centaines. [28]
Et avant de m'asseoir et de commencer la conversation ou la
discussion, j'ai fait en sorte que mon apparence ressemble à
la leur, que ma voix ressemble à la leur. Et ainsi je leur
ai
enseigné le Dhamma, et je les ai stimulé,
édifié,
et réjoui. Et pourtant cependant que je leur parlais ainsi
ainsi, ils ne me connaissaient pas, et ils se demandaient les uns aux
autres, demandant: 'Qui était-ce qui nous parle ? Etait-ce
un
homme ou un dieu?'
"Et
telles, Ananda, sont les huit sortes d'assemblées.
huit champs de
maîtrise
24.
"Or il y a là huit champs de la maîtrise, [29]
Ananda. Que sont ces huit?
25.
"Lorsque, percevant subjectivement les formes, [30] on voit de
petites formes, belles ou laides, extérieures à
soi-même, [31] et qu'on les maîtrise, qu'on est
conscient
des percevoir et des connaître comme elles sont -- ceci est
le
premier champ de la maîtrise.
26.
"Lorsque, percevant subjectivement les formes, on voit de
grandes formes, belles ou laides, extérieures à
soi-même, et qu'on les maîtrise, qu'on est
conscient des
percevoir et des connaître comme elles sont -- ceci est le
second champ de la maîtrise.
27.
"Lorsque, ne percevant pas subjectivement les formes, [32] on
voit de petites formes, belles ou laides, extérieures
à
soi-même, et qu'on les maîtrise, qu'on est
conscient des
percevoir et des connaître comme elles sont -- ceci est le
troisième champ de la maîtrise.
28.
"Lorsque, ne percevant pas subjectivement les formes, on voit de
grandes formes, belles ou laides, extérieures à
soi-même, et qu'on les maîtrise, qu'on est
conscient des
percevoir et des connaître comme elles sont -- ceci est le
quatrième champ de la maîtrise.
29.
"Lorsque, ne percevant pas subjectivement les formes, on voit
des formes extérieures à soi-même qui
sont
bleues, bleues en couleur, d'un lustre bleu comme les fleurs de lin,
ou comme de la fine mousseline de Bénarès qui,
polie
sur autant de côtés, est bleue, bleue en couleur,
d'un
lustre bleu -- quand une telle personne voit des formes
extérieures
à soi-même qui sont bleues, et qu'elle les
maîtrise,
qu'elle est consciente des percevoir et des connaître comme
elles sont -- ceci est le cinquième champ de la
maîtrise.
30.
"Lorsque, ne percevant pas subjectivement les formes, on voit
des formes extérieures à soi-même qui
sont
jaunes, jaunes en couleur, d'un lustre jaune comme la fleur de
Kanikara, ou comme de la fine mousseline de
Bénarès
qui, polie sur autant de côtés, est jaune, jaune
en
couleur, d'un lustre jaune -- quand une telle personne voit des
formes extérieures à soi-même qui sont
jaunes, et
qu'elle les maîtrise, qu'elle est consciente des percevoir et
des connaître comme elles sont -- ceci est le
sixième
champ de la maîtrise.
31.
"Lorsque, ne percevant pas subjectivement les formes, on voit
des formes extérieures à soi-même qui
sont
rouges, rouges en couleur, d'un lustre rouge comme la fleur de
Bandhujivaka, ou comme de la fine mousseline de
Bénarès
qui, polie sur autant de côtés, est rouge, rouge
en
couleur, d'un lustre rouge -- quand une telle personne voit des
formes extérieures à soi-même qui sont
rouges, et
qu'elle les maîtrise, qu'elle est consciente des percevoir et
des connaître comme elles sont -- ceci est le
septième
champ de la maîtrise.
32.
"Lorsque, ne percevant pas subjectivement les formes, on voit
des formes extérieures à soi-même qui
sont
blanches, blanches en couleur, d'un lustre blanc comme
l'étoile
du matin, ou comme de la fine mousseline de
Bénarès
qui, polie sur autant de côtés, est blanche,
blanche en
couleur, d'un lustre blanc -- quand une telle personne voit des
formes extérieures à soi-même qui sont
blanches,
et qu'on les maîtrise, qu'elle est consciente des percevoir
et
des connaître comme elles sont -- ceci est le
huitième
champ de la maîtrise.
"Et
tels, Ananda, sont les huit champs de la maîtrise
huit libérations
33.
"Or il y a là huit libérations, Ananda. Que sont
ces huit? [33]
34.
"Ayant soi-même une forme, [34] on perçoit des
formes; ceci est la première libération.
35.
"Sans avoir conscience de sa propre forme, on perçoit des
formes extérieures à soi-même; ceci est
la
seconde libération.
36.
"En ressentant la beauté, on y est résolu; [35]
ceci est la troisième libération.
37.
"En transcendant complètement les perceptions de la
matière, par la disparition des perceptions de la
réaction
sensorielle, et en n'accordant aucune attention aux perceptions de la
diversité, on devient conscient de, on atteint à,
et on
demeure dans la sphère de l'espace infini; ceci est la
quatrième libération.
38.
"En transcendant complètement la sphère de
l'espace infini, on devient conscient de, on atteint à, et
on
demeure dans la sphère de la conscience infinie; ceci est la
cinquième libération.
39.
"En transcendant complètement la sphère de la
conscience infinie, on devient conscient de, on atteint à,
et
on demeure dans la sphère de la vacuité; ceci est
la
sixième libération.
40.
"En transcendant complètement la sphère de la
vacuité, on atteint à, et on demeure dans la
sphère
de ni-perception-ni-non-perception; ceci est la septième
libération.
41.
"En transcendant complètement la sphère de
ni-perception-ni-non-perception, on atteint à, et on demeure
dans la cessation de perception et sensation; ceci est la
huitième
libération.
"Et
telles, Ananda, sont les huit libérations
la première
tentation de Mara
42.
"Il fut un temps, Ananda, où je demeurais à
Uruvela, sur la berge de la rivière Nerañjara, au
pied
du banyan du chevrier, peu après mon Eveil
suprême. Et
Mara, le Malin, s'approcha de moi, en disant: 'Maintenant, ô
seigneur, que le Béni du Ciel arrive à son
décès
final! Que le Béni du Ciel disparaisse
complètement! Le
temps est venu pour le Parinibbâna du Seigneur.'
43.
"Alors, Ananda, j'ai répondu à Mara, le Malin, en
disant: 'je ne vais pas arriver à mon
décès
final, ô Malin, tant que mes bhikkhus et bhikkhunis,
laïcs
et laïques, ne seront pas devenus de vrais disciples -- sages,
bien disciplinés, aptes et instruits, protecteurs du Dhamma,
vivant selon le Dhamma, s'en tenant au comportement
approprié
et, ayant appris la parole du Maître, capables de l'exposer,
la
prêcher, la proclamer, l'établir, la
révéler,
l'expliquer en détail, et la rendre claire;
jusqu'à ce
que, quand surgissent des opinions adverses, ils puissent
être
capables des réfuter totalement et bien, et de
prêcher
ce Dhamma convainquant et libératoire.
44.
"'Je ne vais pas arriver à mon décès
final,
ô Malin, tant que cette vie sainte enseignée par
moi
n'aura pas été couronnée de
succès, ne
sera pas devenue prospère, très
renommée,
populaire, et très répandue, jusqu'à
ce qu'elle
soit bien proclamée parmi les dieux et les hommes.'
45.
"Et encore aujourd'hui, Ananda, au sanctuaire de Capala, Mara,
le Malin, s'est approché de moi, en disant: 'Maintenant,
ô
seigneur, bhikkhus et bhikkhunis, laïcs et laïques,
sont
devenus de vrais disciples du Béni du Ciel -- sages, bien
disciplinés, aptes et instruits, protecteurs du Dhamma,
vivant
selon le Dhamma, s'en tenant au comportement approprié, et
ayant appris la parole du Maître, capables de l'exposer, la
prêcher, la proclamer, l'établir, la
révéler,
l'expliquer en détail, et la rendre claire; et quand
surgissent des opinions adverses, désormais capables des
réfuter totalement et bien, et de prêcher ce
Dhamma
convainquant et libératoire.
" Et
maintenant, ô seigneur, cette vie sainte enseignée
par
le Béni du Ciel a été
couronnée de
succès, est devenue prospère, très
renommée,
populaire et très répandue, et bien
proclamée
parmi les dieux et les hommes. En conséquence, ô
seigneur, que le Béni du Ciel arrive à son
décès
final! Que le Béni du Ciel disparaisse
complètement! Le
temps est venu pour le Parinibbâna du Seigneur. "
46.
"Et alors, Ananda, j'ai répondu à Mara, le Malin,
en disant: 'Ne te préoccupe pas, ô Malin. D'ici
peu le
Parinibbâna du Tathâgata surviendra. Dans trois
mois le
Tathâgata va complètement disparaître.'
47.
"Et c'est ainsi, Ananda, qu'aujourd'hui au sanctuaire de Capala
le Tathâgata a renoncé à sa
volonté de
survivre."
l'appel d' Ananda
48.
A ces paroles le Vénérable Ananda s'adressa au
Béni
du Ciel, en disant: "Puisse le Béni du Ciel demeurer,
ô
seigneur! Puisse le Béni du Ciel demeurer, ô
seigneur,
tout au long de la période-monde, pour le
bien-être et
le bonheur de la multitude, par compassion pour le monde, pour le
bénéfice, le bien-être, et le bonheur
des dieux
et les hommes!"
49.
Et le Béni du Ciel répondit, en disant: "Suffit,
Ananda. N'implore pas le Tathâgata, car le moment est
passé,
Ananda, de telles supplications."
50-51.
Mais une seconde et une troisième fois, le
Vénérable
Ananda dit au Béni du Ciel: "Puisse le Béni du
Ciel demeurer, ô seigneur! Puisse le Béni du Ciel
demeurer, ô seigneur, tout au long de la
période-monde,
pour le bien-être et le bonheur de la multitude, par
compassion
pour le monde, pour le bénéfice, le
bien-être, et
le bonheur des dieux et les hommes!"
52.
Alors le Béni du Ciel dit: "As-tu foi, Ananda, dans
l'Éveil du Tathâgata?" Et le
Vénérable
Ananda répliqua: "Oui, ô seigneur, j'ai foi."
"Alors comment, Ananda, peux-tu persister contre le Tathâgata
même une troisième fois?"
53.
Alors le Vénérable Ananda dit: "Ceci, ô
seigneur, je l'ai entendu dire et je l'ai appris du Béni du
Ciel lui-même quand le Béni du Ciel m'a dit:
'Quiconque,
Ananda, a développé, pratiqué,
employé,
renforcé, maintenu, scruté, et amené
à
perfection les quatre composantes des pouvoirs psychiques pourrait,
s'il le voulait, demeurer durant toute une période-monde ou
jusqu'à sa fin. Le Tathâgata, Ananda, a ainsi
fait. En
conséquence le Tathâgata pourrait, s'il le
voulait,
demeurer durant toute une période-monde ou
jusqu'à sa
fin.'"
54.
"Et l'as-tu cru, Ananda?" "Oui, ô seigneur, je
l'ai cru." "Alors, Ananda, la faute est tienne. C'est là
que tu as failli, en ce que tu as été ainsi
incapable
de saisir la perche qu'on te tendait, l'importante suggestion que te
faisait le Tathâgata, et tu n'as pas alors supplié
le
Tathâgata de demeurer. Car si tu l'avais fait, Ananda, le
Tathâgata aurait pu décliner deux fois, mais
à la
troisième fois il aurait consenti. En
conséquence,
Ananda, la faute est tienne; c'est là que tu as failli.
55.
"A Rajagaha, Ananda, quand j'étais au Pic du Vautour, je
me suis adressé à toi, en disant:
'Agréable,
Ananda, est Rajagaha; agréable est le Pic du Vautour.
Quiconque, Ananda, a développé... En
conséquence
le Tathâgata pourrait, s'il le voulait, demeurer durant toute
une période-monde ou jusqu'à sa fin.'
56.
"De même dans le Bosquet de Banyans, à la Falaise
de Voleurs, à la Caverne de Sattapanni sur le mont Vebhara,
au
Rocher Noir d' Isigili, au Bassin des Serpents dans la
Fraîche
Forêt, au Bosquet de Tapoda, à la Forêt
des
Bambous dans le Nourrissoir des Ecureuils, à la
Forêt de
Manguiers de Jivaka, et au Petit Refuge dans le Parc aux Daims, je me
suis adressé à toi avec les mêmes
paroles, en
disant: 'Agréable, Ananda, est Rajagaha,
agréables sont
ces endroits. Quiconque, Ananda, a développé...
En
conséquence le Tathâgata pourrait, s'il le
voulait,
demeurer durant toute une période-monde ou
jusqu'à sa
fin. " "Mais toi, Ananda, tu as été
incapable de saisir la perche qu'on te tendait, l'importante
suggestion que te faisait le Tathâgata, et tu n'as pas
supplié
le Tathâgata de demeurer. Car si tu l'avais fait, Ananda,
deux
fois le Tathâgata aurait pu décliner, mais la
troisième
fois il aurait consenti. En conséquence, Ananda, la faute
est
tienne; c'est là que tu as failli.
57.
"Donc à Vesali aussi, Ananda, à
différentes
reprises le Tathâgata t'a parlé, en disant:
'Agréable,
Ananda, est Vesali; agréables sont les sanctuaires de Udena,
Gotamaka, Sattambaka, Bahuputta, Sarandada, et Capala. Quiconque,
Ananda, a développé... En conséquence
le
Tathâgata pourrait, s'il le voulait, demeurer durant toute
une
période-monde ou jusqu'à sa fin.' "Mais toi,
Ananda, tu as été incapable de saisir la perche
qu'on
te tendait, l'importante suggestion que te faisait le
Tathâgata,
et tu n'as pas imploré le Tathâgata de demeurer.
Car si
tu l'avais fait, Ananda, deux fois le Tathâgata aurait pu
décliner, mais la troisième fois il aurait
consenti. En
conséquence, Ananda, la faute est tienne; c'est
là que
tu as failli.
58.
"Et pourtant, Ananda, n'ai-je pas enseigné dès le
tout début qu'avec tout ce qui est cher et
bien-aimé,
il y un nécessairement changement, séparation et
rupture? De ce qui est né, qui est venu à
être,
qui est un être composé et sujet à
flétrissure,
comment peut-on dire: 'Puisse cela ne jamais en venir à
dissolution!' Il ne peut y avoir un tel état de choses. Et
de
cela, Ananda, dont le Tathâgata en a fini, ce qu'il a mis de
côté, laissé tomber,
abandonné, et rejeté
-- sa volonté de survivre -- la parole du
Tathâgata a
été prononcée une fois pour toutes:
'D'ici peu
le Parinibbâna du Tathâgata surviendra. Dans trois
mois
le Tathâgata va complètement
disparaître.' Et que
le Tathâgata retire sa parole pour continuer à
vivre --
ceci est une impossibilité.
dernière admonition
59.
"Donc, Ananda, allons à la salle de la Maison aux
Pignons, dans la Grande Forêt." Et le
Vénérable
Ananda répliqua: "Qu'il en soit ainsi, Seigneur."
60.
Alors le Béni du Ciel, avec le
Vénérable Ananda,
partit à la salle de la Maison aux Pignons, dans la Grande
Forêt. Et là il s'adressa au
Vénérable
Ananda, en disant: "Va maintenant, Ananda, et rassemble dans la
salle d'audience tous les bhikkhus qui demeurent aux environs de
Vesali."
"Qu'il
en soit ainsi, Seigneur." Et le Vénérable Ananda
rassembla tous les bhikkhus qui demeuraient aux environs de Vesali,
et les rassembla dans la salle d'audience. Et alors, en saluant
respectueusement le Béni du Ciel, et debout d'un
côté,
il dit: "La communauté des bhikkhus est
rassemblée,
Seigneur. Que le Béni du Ciel fasse maintenant à
son
gré."
61.
Là-dessus le Béni du Ciel
pénétra dans la
salle d'audience, et prenant le siège
préparé
pour lui, il exhorta les bhikkhus, en disant: "Maintenant, ô
bhikkhus, je vous dis que ces enseignements dont j'ai une
connaissance directe et que je vous ai fait connaître -- il
faut que vous les appreniez, les cultiviez, les développiez
totalement et que vous les pratiquiez fréquemment, que la
vie
de pureté puisse être établie et durer
longtemps,
pour le bien-être et le bonheur de la multitude, par
compassion
pour le monde, pour le bénéfice, le
bien-être, et
le bonheur des dieux et les hommes.
62.
"Et que sont, bhikkhus, ces enseignements? Ce sont les quatre
fondations de l'attention, les quatre efforts corrects, les quatre
composantes des pouvoirs psychiques, les cinq facultés, les
cinq pouvoirs, les sept facteurs de l'éveil, et le Noble
Octuple Sentier. Ce sont là, bhikkhus, les enseignements
dont
j'ai une connaissance directe, que je vous ai fait connaître,
et que vous devriez apprendre, cultiver et développer
totalement, et pratiquer fréquemment, que la vie de
pureté
puisse être établie et durer longtemps, pour le
bien-être et le bonheur de la multitude, par compassion pour
le
monde, pour le bénéfice, le bien-être,
et le
bonheur des dieux et les hommes."
63.
Alors le Béni du Ciel dit aux bhikkhus: "Donc, bhikkhus,
je vous y exhorte: Toutes choses composées sont sujettes
à
la disparition. Efforcez-vous avec sincérité. Le
temps
du Parinibbâna du Tathâgata est proche. Dans trois
mois
le Tathâgata va complètement
disparaître."
64.
Et ayant prononcé ces paroles, le Béni du Ciel,
le
Maître, prit encore une fois la parole, en disant:
"Mes
années sont maintenant à pleine
maturité, la
durée de vie qui me reste est courte.
En
partant, je m'éloigne de vous, ne comptant que sur
moi-même.
Soyez
donc sincères, ô bhikkhus, soyez attentifs et purs
en
vertu!
Avec
une ferme résolution, gardez votre propre esprit!
Qui
poursuit sans relâche le Dhamma et la Discipline
Ira
au-delà de la ronde des naissances et mettra fin
à la
souffrance."

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