LES ENSEIGNEMENTS DU BOUDDHA
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sermons 9 à 17
02

sermons 18 à 25
03

satipatthana
04

parinibbana
05

autres sutta
06
au maghada

au Maghada

1. Ainsi l'ai-je entendu. Un jour le Béni du Ciel [1] demeurait à Rajagaha, sur la colline appelée Pic du Vautour. A cette époque, le roi de Magadha, Ajatasattu, fils de la reine Videhi, [2] voulut faire la guerre aux Vajjis. Il parla de la sorte: "Ces Vajjis, puissants et glorieux comme ils le sont, je vais les annihiler, je vais les faire périr, je vais complètement les détruire."

2. Et Ajatasattu, le roi de Magadha, s'adressa à son premier ministre, le brahmane Vassakara, en disant: "Allons, brahmane, va trouver le Béni du Ciel, rends-lui hommage en mon nom à ses pieds, souhaite lui bonne santé, force, aisance, vigueur, et réconfort, et dis-lui ceci: 'O Seigneur, Ajatasattu, le roi de Magadha, désire faire la guerre aux Vajjis. Il a dit de la sorte: "Ces Vajjis, puissants et glorieux comme ils le sont, je vais les annihiler, je vais les faire périr, je vais complètement les détruire."' Et quoi que te réponde le Béni du Ciel, garde-le bien à l'esprit et informe m'en; car les Tathagatas [3] ne parlent pas faussement."

3. "Très bien, sire," dit le brahmane Vassakara en assentiment à Ajatasattu, roi de Magadha. Et il ordonna qu'un grand nombre de voitures magnifiques fut préparé, en monta un lui-même, et accompagné par le reste, sortit de Rajagaha en direction du Pic du Vautour. Il poursuivit aussi loin que put aller la voiture, puis, en étant descendu de voiture, il s'approcha du Béni du Ciel à pied. Après avoir échangé de courtoises salutations avec le Béni du Ciel, de même que bien des paroles agréables, il s'assit d'un côté et s'adressa comme suit au Béni du Ciel: "Vénérable Gotama, Ajatasattu, le roi de Magadha, rend hommage aux pieds du Vénérable Gotama et lui souhaite bonne santé, force, aisance, vigueur, et réconfort. Il désire faire la guerre aux Vajjis, et il s'est prononcé de la sorte: 'Ces Vajjis, puissants et glorieux comme ils le sont, je vais les annihiler, je vais les faire périr, je vais complètement les détruire.'"



condition du bien être d'une nation

4. A ce moment le Vénérable Ananda [4] se tenait derrière le Béni du Ciel, en train de l'éventer, et le Béni du Ciel s'adressa ainsi au Vénérable Ananda: "Qu'as-tu entendu, Ananda: est-ce que les Vajjis se rassemblent fréquemment, et est-ce que leurs rassemblement sont bien courus?"

"J'ai entendu dire, Seigneur, qu'il en est ainsi."

"Pour le moment, Ananda, comme c'est le cas, on peut s'attendre à la croissance des Vajjis, pas à leur déclin.

"Qu'as-tu entendu, Ananda: est-ce que les Vajjis s'assemblent et se dispersent en paix et s'occupent de leurs affaires en concorde?"

"J'ai entendu dire, Seigneur, que c'est ce qu'ils font."

"Pour le moment, Ananda, comme c'est le cas, on peut s'attendre à la croissance des Vajjis, pas à leur déclin.

"Qu'as-tu entendu, Ananda: est-ce que les Vajjis n'ont ni promulgué de nouveaux décrets ni aboli ceux qui existent, mais procèdent en accord avec leurs antiques constitutions?"

"J'ai entendu dire, Seigneur, que c'est ce qu'ils font."

"Pour le moment, Ananda, comme c'est le cas, on peut s'attendre à la croissance des Vajjis, pas à leur déclin.

"Qu'as-tu entendu, Ananda: est-ce que les Vajjis honorent, estiment, montrent du respect, et de la vénération envers leurs anciens et pensent qu'il vaut la peine des écouter?"

"J'ai entendu dire, Seigneur, que c'est ce qu'ils font."

"Pour le moment, Ananda, comme c'est le cas, on peut s'attendre à la croissance des Vajjis, pas à leur déclin.

"Qu'as-tu entendu, Ananda: est-ce que les Vajjis évitent d'enlever les femmes et les jeunes filles de bonne famille et des détenir?"

"J'ai entendu dire, Seigneur, qu'ils évitent du faire."

"Pour le moment, Ananda, comme c'est le cas, on peut s'attendre à la croissance des Vajjis, pas à leur déclin.

"Qu'as-tu entendu, Ananda: est-ce que les Vajjis honorent, estiment, montrent du respect, et de la vénération envers leurs sanctuaires, autant ceux qui sont à l'intérieur de la cité que ceux qui sont à l'extérieur, et ne les privent pas des justes offrandes ainsi données et précédemment à eux faites?"

"J'ai entendu dire, Seigneur, qu'ils vénèrent effectivement leurs sanctuaires, et qu'ils ne les privent pas de leurs offrandes."

"Pour le moment, Ananda, comme c'est le cas, on peut s'attendre à la croissance des Vajjis, pas à leur déclin.

"Qu'as-tu entendu, Ananda: est-ce que les Vajjis protègent et gardent dûment les arahats, de sorte que ceux qui ne sont pas venus en leur royaume pourraient le faire, et que ceux qui y sont déjà puissent y vivre en paix?"

"J'ai entendu dire, Seigneur, que c'est ce qu'ils font."

"Pour le moment, Ananda, comme c'est le cas, on peut s'attendre à la croissance des Vajjis, pas à leur déclin."

5. Et le Béni du Ciel s'adressa au brahmane Vassakara en ces paroles: "Un jour, brahmane, je demeurais à Vesali, au sanctuaire Sarandada, et ce fut là que j'enseignai aux Vajjis ces sept conditions qui mènent au bien-être (d'une nation). [5] Pour le moment, brahmane, ces conditions perdurent toujours chez les Vajjis, et les Vajjis sont connus pour elles, on peut donc s'attendre à leur croissance, pas à leur déclin."

Là-dessus le brahmane Vassakara parla ainsi au Béni du Ciel: "Si les Vajjis, Vénérable Gotama, n'étaient dotés que d'une seule ou d'une autre de ces qui conduisent au bien-être, on pourrait s'attendre à leur croissance, pas à leur déclin. Alors toutes les sept? Aucun mal, effectivement, ne peut être fait aux Vajjis au combat par le roi de Magadha, Ajatasattu, à part par traîtrise ou discorde. Bien, dans ce cas, Vénérable Gotama, nous allons prendre congé, car nous avons beaucoup à faire, beaucoup de travail à effectuer."

"Fais comme bon te semble, brahmane." Et le brahmane Vassakara, premier ministre de Magadha, approuvant les paroles du Béni du Ciel et ravi par elles, se leva de son siège et partit.



condition du bien être des bikkhus


6. Alors, peu après le départ de Vassakara, le Béni du Ciel s'adressa comme suit au Vénérable Ananda: "Va maintenant, Ananda, et rassemble dans la salle d'audience tous les bhikkhus qui vivent aux alentours de Rajagaha."

"Très bien, Seigneur." Et le Vénérable Ananda fit comme on lui avait demandé et informa le Béni du Ciel: "La communauté des bhikkhus est rassemblée, Seigneur. Que le Béni du Ciel fasse maintenant comme il le désire."

Là-dessus le Béni du Ciel se leva de son siège, monta à la salle d'audience, y prit sa place, et s'adressa ainsi aux bhikkhus: "Je vais exposer sept conditions qui conduisent au bien-être, bhikkhus. et soyez attentifs à ce que je vais dire." "Qu'il en soit ainsi, Seigneur."

"On peut s'attendre à la croissance des bhikkhus, pas à leur déclin, bhikkhus, tant qu'ils s'assembleront fréquemment et en grand nombre; se rencontreront et se disperseront en paix et s'occuperont des affaires du Sangha en concorde; tant qu'ils ne promulgueront pas de nouvelles règles, et n'aboliront pas celles qui existent, mais procéderont en accord avec le code d'entraînement (Vinaya); tant qu'ils honoreront, estimeront, montreront du respect, et de la vénération envers les anciens bhikkhus, ceux de longue pratique, depuis longtemps passés, les pères et chefs du Sangha, et penseront qu'il vaut la peine des écouter; tant qu'ils ne tomberont pas au pouvoir de l'envie insatiable qui conduit à un nouveau devenir; tant qu'ils chériront les profondeurs de la forêt pour leur demeure; tant qu'ils s'établiront dans l'attention, de sorte que les frères vertueux de l'Ordre qui n'y sont pas encore venus puissent le faire, et que ceux qui y sont déjà venus puissent vivre en paix; tant et si longtemps, bhikkhus, que ces sept conditions qui conduisent au bien-être perdureront parmi les bhikkhus et que les bhikkhus seront connus pour elles, on pourra s'attendre à leur croissance, pas à leur déclin.

7. "Je vais exposer sept conditions supplémentaires qui conduisent au bien-être, bhikkhus. et soyez attentifs à ce que je vais dire." "Qu'il en soit ainsi, Seigneur."

"On peut s'attendre à la croissance des bhikkhus, pas à leur déclin, bhikkhus, tant qu'ils ne se régaleront pas, ne se complairont pas, et n'apprécieront pas les activités, la conversation, le sommeil, et la compagnie; tant qu'ils n'hébergeront pas..., ne tomberont pas sous l'emprise des, mauvais désirs; n'auront pas de mauvais amis, associés, ou compagnons; et tant qu'ils ne s'arrêteront pas à mi-chemin en raison de quelque résultat mineur. Dans cette mesure, bhikkhus, tant que ces sept conditions qui conduisent au bien-être perdureront parmi les bhikkhus et que les bhikkhus seront connus pour cela, on pourra s'attendre à leur croissance, pas à leur déclin.

Sept bonnes qualités [6]

8. Je vais exposer sept conditions supplémentaires qui conduisent au bien-être, bhikkhus. et soyez attentifs à ce que je vais dire." "Qu'il en soit ainsi, Seigneur."

"On peut s'attendre à la croissance des bhikkhus, pas à leur déclin, bhikkhus, tant qu'ils auront foi, tant qu'ils auront de la pudeur et la crainte de l'inconduite, qu'ils seront compétents dans l'étude, résolus, attentifs, et sages. Dans cette mesure, bhikkhus, tant que ces sept conditions qui conduisent au bien-être perdureront parmi les bhikkhus, et que les bhikkhus seront connus pour cela, on pourra s'attendre à leur croissance, pas à leur déclin.

Sept facteurs de l'Éveil [7]

9. Je vais exposer sept conditions supplémentaires qui conduisent au bien-être, bhikkhus. Écoutez et soyez attentifs à ce que je vais dire." "Qu'il en soit ainsi, Seigneur."

"On peut s'attendre à la croissance des bhikkhus, pas à leur déclin, bhikkhus, tant qu'ils cultiveront les sept facteurs de l'Éveil, c'est-à-dire: l'attention, l'investigation des phénomènes, l'énergie, la béatitude, la tranquillité, la concentration, et l'équanimité. Dans cette mesure, bhikkhus, tant que ces sept conditions qui conduisent au bien-être perdureront parmi les bhikkhus, et que les bhikkhus seront connus pour cela, on pourra s'attendre à leur croissance, pas à leur déclin.

Sept perceptions

10. Je vais exposer sept conditions supplémentaires qui conduisent au bien-être, bhikkhus. et soyez attentifs à ce que je vais dire." "Qu'il en soit ainsi, Seigneur."

"On peut s'attendre à la croissance des bhikkhus, pas à leur déclin, bhikkhus, tant qu'ils cultiveront la perception de l'impermanence, du non-soi, de l'impureté (du corps), de la misère (du corps), de l'abandonner, du dépassionnement, et de la cessation. Dans cette mesure, bhikkhus, tant que ces sept conditions qui conduisent au bien-être perdureront parmi les bhikkhus, et que les bhikkhus seront connus pour cela, on pourra s'attendre à leur croissance, pas à leur déclin.

Six conditions à se rappeler [8]

11. "Je vais exposer six conditions supplémentaires qui conduisent au bien-être, bhikkhus. et soyez attentifs à ce que je vais dire." "Qu'il en soit ainsi, Seigneur."

"On peut s'attendre à la croissance des bhikkhus, pas à leur déclin, bhikkhus, tant qu'ils auront mutuellement soin les uns des autres avec bonté en faits, en paroles et en pensées, autant en public qu'en privé; tant qu'ils respecteront ce qu'ils reçoivent dûment comme offrandes, même le contenu de de leurs bols à aumônes, qu'ils n'en feront pas usage sans en partager avec des membres vertueux de la communauté; tant que, en compagnie de leurs frères, ils s'entraîneront, autant en public qu'en privé, aux règles de conduite, qui sont complètes et parfaites, sans tache et pures, libératoires, louées par les sages, non-influencées (par des préoccupations mondaines), et favorables à la concentration de l'esprit; et en compagnie de leurs frères, préserveront, autant en public qu'en privé, la pénétration qui est noble et libératoire, et conduit celui qui agit dessus à la totale destruction de la souffrance. Dans cette mesure, bhikkhus, tant que ces six conditions qui conduisent au bien-être perdureront parmi les bhikkhus, et que les bhikkhus seront connus pour cela, on pourra s'attendre à leur croissance, pas à leur déclin.

Conseil aux bhikkhus

12. Et le Béni du Ciel, lorsqu'il vivait à Rajagaha, sur la colline appelée Pic du Vautour, souvent donnait ainsi conseil aux bhikkhus:

"Telle et telle est la vertu; telle et telle est la concentration; et telle et telle est la sagesse. [9] Grand devient le fruit, grand est le gain de la concentration lorsqu'elle est pleinement développée par la conduite vertueuse; grand devient le fruit, grand est le gain de la sagesse lorsqu'elle est pleinement développée par la concentration; l'esprit qui est pleinement développé dans la sagesse est complètement libéré des pollutions [10] de la luxure, du devenir, et de l'ignorance."

13. Quand le Béni du Ciel eut resté à Rajagaha aussi longtemps qu'il lui avait plu, il s'adressa ainsi au Vénérable Ananda: "Allons, Ananda, allons à Ambalatthika." "Qu'il en soit ainsi, Seigneur."

Et le Béni du Ciel prit ses quartiers à Ambalatthika, de même qu'une grande communauté des bhikkhus.

14. A Ambalatthika le Béni du Ciel vint demeurer dans la maison de repos du roi; et là, aussi, le Béni du Ciel souvent donnait ainsi conseil aux bhikkhus:

"Telle et telle est la vertu; telle et telle est la concentration; et telle et telle est la sagesse. Grand devient le fruit, grand est le gain de la concentration lorsqu'elle est pleinement développée par la conduite vertueuse; grand devient le fruit, grand est le gain de la sagesse lorsqu'elle est pleinement développée par la concentration; l'esprit qui est pleinement développé dans la sagesse est complètement libéré des pollutions de la luxure, du devenir, et de l'ignorance."

15. Quand le Béni du Ciel eut resté à Ambalatthika aussi longtemps qu'il lui avait plu, il s'adressa au Vénérable Ananda ainsi: "Allons, Ananda, allons à Nalanda." "Qu'il en soit ainsi, Seigneur."

Et le Béni du Ciel prit ses quartiers à Nalanda de même qu'une grande communauté des bhikkhus, et vint demeurer dans le bosquet de manguiers de Pavarika.



le rugissement de lion de Sariputta

16. Alors le Vénérable Sariputta alla trouver le Béni du Ciel, les salua respectueusement, s'assit d'un côté, et lui parla comme suit:

"J'ai, Seigneur, cette foi dans le Béni du Ciel, qu'il n'y a pas été, qu'il n'y aura pas, ni y a-t-il maintenant, d'autre reclus ou brahmane plus exalté dans l'Éveil que le Béni du Ciel."

"Noble effectivement est ce discours que tu fais, Sariputta, et seigneurial! Fiers propos, et véritable rugissement d'un lion! Mais comment est-cela, Sariputta? Ces Arahats, Pleinement Éveillés du passé -- as-tu connaissance directe et personnelle de tous ces Bénis du Ciel, ainsi que de leurs vertus, de leur méditation, [12] de leur sagesse, de leurs demeures, et de leur émancipation?" [13] "Ce n'est pas le cas, Seigneur."

"Alors comment est-cela, Sariputta? Ces Arahats, Pleinement Éveillés du futur -- as-tu connaissance directe et personnelle de tous ces Bénis du Ciel, ainsi que de leurs vertus, de leur méditation, de leur sagesse, de leurs demeures, et de leur émancipation?" "Ce n'est pas le cas, Seigneur."

"Alors comment est-cela, Sariputta? De moi, qui suis à présent l'Arhat, le Pleinement Éveillé, as-tu connaissance directe et personnelle, ainsi que de ma vertu, de ma méditation, de ma sagesse, de mes demeures, et de mon émancipation?"Ce n'est pas le cas, Seigneur."

"Alors il est clair, Sariputta, que tu n'a pas une telle connaissance directe et personnelle des Arahats, des Pleinement Éveillés du passé, du futur, et du présent. Comment oses-tu donc prononcer un discours aussi noble et seigneurial, des propos aussi fiers, un véritable rugissement de lion, en disant: 'J'ai, Seigneur, cette foi dans le Béni du Ciel, qu'il n'y a pas été, qu'il n'y aura pas, ni y a-t-il maintenant, d'autre reclus ou brahmane plus exalté dans l'Éveil que le Béni du Ciel.?"


17. "Je n'ai effectivement pas une telle connaissance directe et personnelle, Seigneur, des Arahats, des Pleinement Éveillés du passé, du futur, et du présent; et pourtant j'en suis venu à reconnaître la légitimité du Dhamma. Supposons, Seigneur, qu'une forteresse frontalière d'un roi soit fortement fortifiée, avec de forts remparts et tourelles, et qu'elle n'avait qu'une seule porte, et qu'il y avait là un portier, intelligent, expérimenté, et prudent, qui empêcherait l'étranger d'entrer mais permettrait à l'ami d'entrer. En patrouillant le sentier qui fait le tour de la forteresse, il ne perçoit pas de trou ou de fissure dans les remparts même assez grands pour permettre à un chat de s'y glisser. Il en vient donc à la conclusion: 'Quelles que soient les choses vivantes qui doivent entrer ou quitter cette cité, elles devront toutes passer par cette porte.' De même, Seigneur, j'en suis venu à connaître la légitimité du Dhamma.

"Car, Seigneur, tous les Bénis du Ciel, Arahats, Pleinement Éveillés du passé avaient abandonné les cinq empêchements, [14] les souillures mentales qui affaiblissent la sagesse; avaient bien établi leurs esprits dans les quatre fondations de l'attention; [15] avaient dûment cultivé les sept facteurs de l'éveil, et étaient pleinement éveillé dans l'Éveil suprême et insurpassé.

"Et, Seigneur, tous les Bénis du Ciel, Arahats, Pleinement Éveillés du futur vont abandonner les cinq empêchements, les souillures mentales qui affaiblissent la sagesse; vont bien établir leurs esprits dans les quatre fondations de l'attention; vont dûment cultiver les sept facteurs de l'éveil, et vont être pleinement éveillés dans l'Éveil suprême insurpassé.

"Et le Béni du Ciel aussi, Seigneur, étant à présent l'Arhat, le Pleinement Eveillé, a abandonné les cinq empêchements, les souillures mentales qui affaiblissent la sagesse; a bien établi son esprit dans les quatre fondations de l'attention; a dûment cultivé les sept facteurs de l'éveil, et est pleinement éveillé dans l'Éveil suprême et insurpassé."


18. Et aussi à Nalanda, dans le bosquet de manguiers de Pavarika, le Béni du Ciel souvent donnait conseil aux bhikkhus ainsi:

"Telle et telle est la vertu; telle et telle est la concentration; et telle et telle est la sagesse. Grand devient le fruit, grand est le gain de la concentration lorsqu'elle est pleinement développée par la conduite vertueuse; grand devient le fruit, grand est le gain de la sagesse lorsqu'elle est pleinement développée par la concentration; l'esprit qui est pleinement développé dans la sagesse est complètement libéré des pollutions de la luxure, du devenir, et de l'ignorance.."

19. Lorsque le Béni du Ciel eut resté à Nalanda aussi longtemps qu'il lui avait plu, il s'adressa au Vénérable Ananda ainsi: "Allons, Ananda, allons à Pataligama." "Qu'il en soit ainsi, Seigneur." Et le Béni du Ciel prit ses quartiers à Pataligama de même qu'une grande communauté des bhikkhus.


20. Alors les dévots de Pataligama vinrent à savoir: "Le Béni du Ciel, dit-on, est arrivé à Pataligama." Et ils approchèrent le Béni du Ciel, le saluèrent respectueusement, s'assirent d'un côté, et s'adressèrent à lui ainsi: "Puisse le Béni du Ciel, Seigneur, nous faire la bonté de visiter notre salle du conseil." Et le Béni du Ciel consentit par son silence.


21. Connaissant le consentement du Béni du Ciel, les dévots de Pataligama se levèrent de leurs sièges, le saluèrent respectueusement, et tout en gardant leur côté droit tourné vers lui, partirent pour la salle du conseil. Alors ils préparèrent la salle du conseil en couvrant le sol de partout, en disposant des sièges et de l'eau, et en installant une lampe à huile. Cela fait, ils retournèrent auprès du Béni du Ciel, le saluèrent respectueusement, et debout d'un côté, annoncèrent: "Seigneur, la salle du conseil est prête, avec le sol recouvert de partout, des sièges et de l'eau ont été disposés, et qu'une lampe à huile a été préparée. Que vienne le Béni du Ciel, Seigneur, à son gré.


22. Et le Béni du Ciel se prépara, et prenant son bol et sa robe, il s'en alla à la salle du conseil en compagnie de plusieurs bhikkhus. Après s'être lavé les pieds, le Béni du Ciel entra dans la salle du conseil et prit place tout près du pilier du milieu, face à l'est. La communauté des bhikkhus, après s'être lavé les pieds, entra elle aussi dans la salle du conseil et prit place près du mur ouest, face à l'est, de sorte que le Béni du Ciel se trouva devant eux. Et les dévots de Pataligama, après s'être lavé les pieds et être entrés dans la salle du conseil, s'assirent près du mur est, face à l'ouest, de sorte que le Béni du Ciel se trouva face à eux.




les fruits d'une vie morale et d'une vie immorale

23. Là-dessus le Béni du Ciel s'adressa ainsi aux dévots de Pataligama: "L'homme immoral, maîtres de maison, en s'éloignant de la vertu, va à l'encontre de cinq périls: de grandes pertes de fortune à cause de l'insouciance; une mauvaise réputation; un comportement timide et troublé dans toute société, que ce soit celle des nobles, des brahmanes, des maîtres de maison, ou des ascètes; la mort dans l'hébétude; et, à la dissolution du corps après la mort, à une renaissance dans un domaine de misère, dans un état malheureux, dans le monde inférieur, en enfer.

24. "Cinq bénédictions, maîtres de maison, échoient à l'homme honnête à cause de sa pratique de la vertu: grande augmentation de fortune à cause de sa diligence; une réputation favorable; une prestance assurée, sans timidité, dans toute société, que ce soit celle de nobles, de brahmanes, de maîtres de maison, ou d'ascètes; une mort sereine; et, à la dissolution du corps après la mort, une renaissance dans un état heureux, dans un monde céleste."

25. Et le Béni du Ciel passa une grande partie de la nuit à instruire les dévots de Pataligama dans le Dhamma, les incitant, les édifiant, et les réjouissant, après quoi il leur donna congé, en disant: "La nuit est très avancée, maîtres de maison. Vous pouvez y aller à votre gré. "Qu'il en soit ainsi, Seigneur." Et les dévots de Pataligama se levèrent de leurs sièges, saluèrent respectueusement le Béni du Ciel, et tout en gardant leur côté droit tourné vers lui, partirent. Et le Béni du Ciel, peu après leur départ, se retira dans ses quartiers.

26. A ce moment-là Sunidha et Vassakara, les principaux ministres de Magadha, étaient à construire une forteresse à Pataligama en défense contre les Vajjis. Et des devas en grand nombre, comptés par milliers, avaient pris possession de sites à Pataligama. Dans la région où des devas de grand pouvoir prévalaient, des officiels de grand pouvoir s'occupaient à construire des édifices; et là où des devas de moyen et de moindre pouvoirs prévalaient, des officiels de moyen et de moindre pouvoirs s'occupaient à construire des édifices.

27. Et le Béni du Ciel vit avec l'oeil céleste, pur et transcendant la faculté des hommes, des devas, comptés par milliers, là où ils avaient pris possession de sites dans Pataligama. Et se levant avant que la nuit fut passée, avant l'aube, le Béni du Ciel s'adressa ainsi au Vénérable Ananda: "Qui est-ce, Ananda, qui est en train de construire une cité à Pataligama?" "Sunidha et Vassakara, Seigneur, les principaux ministres de Magadha, sont en train de construire une forteresse à Pataligama, en défense contre les Vajjis."

28. "C'est, Ananda, comme si Sunidha et Vassakara avaient pris conseil avec les dieux des Trente-trois. Car j'ai observé, Ananda, avec l'oeil céleste, pur et transcendant la faculté des hommes, un grand nombre de devas, comptés par milliers, qui ont pris possession de sites à Pataligama. Dans la région où des devas de grand pouvoir prévalent, des officiels de grand pouvoir s'occupent de construire des édifices; et là où des devas de moyen et moindre pouvoirs prévalent, des officiels de moyen et moindre pouvoirs s'occupent de construire des édifices. En vérité, Ananda, aussi loin que s'étendent la race aryenne et les routes commerciales, cela sera la très importante cité de Pataliputta, un centre du commerce. [16] Mais Pataliputta, Ananda, va être assailli par trois périls -- le feu, l'eau, et les dissensions."

29. Alors Sunidha et Vassakara allèrent trouver le Béni du Ciel, et après avoir courtoisement salué le Béni du Ciel, et avoir échangé beaucoup de paroles agréables, ils se tinrent d'un côté et s'adressèrent à lui ainsi: "Puisse le Vénérable Gotama daigner accepter notre invitation au repas de demain, ensemble avec la communauté des bhikkhus." Et le Béni du Ciel consentit par son silence.

30. Connaissant le consentement du Béni du Ciel, Sunidha et Vassakara partirent pour leurs propres demeures, où ils firent préparer des mets de choix, durs et tendres. Et quand il fut temps, ils annoncèrent au Béni du Ciel: "Il est temps, Vénérable Gotama; le repas est prêt." Là-dessus le Béni du Ciel se prépara dans l'avant-midi, et prenant son bol et sa robe, il partit ensemble avec la communauté des bhikkhus chez Sunidha et Vassakara, où il prit le siège préparé pour lui. Et Sunidha et Vassakara eux-mêmes servirent la communauté des bhikkhus conduite par le Bouddha, et les servirent avec des mets de choix, durs et tendres. Lorsque le Béni du Ciel eut fini son repas et eut enlevé sa main de son bol, ils prirent des sièges bas et s'assirent d'un côté.


31. Et le Béni du Ciel les remercia avec ces stances:

"Partout où il habite, l'homme prudent

Pourvoit aux besoins du chaste et du vertueux;

Et ayant fait des dons à ces dignes personnes,

Il partage ses mérites avec les devas locaux.

Et ainsi honorés, ils l'honorent en retour,

Ils lui sont gracieux ainsi qu'une mère

L'est envers son propre fils unique;

Et qui jouit ainsi de la grâce des devas,

Et est aimé par eux, il voit sa bonne fortune."

Après ceci, le Béni du Ciel se leva de son siège et partit.




la traversée du gange

32. Alors Sunidha et Vassakara suivirent derrière le Béni du Ciel, pas à pas, en disant: "Quelle que soit la porte par laquelle sortira l'ermite Gotama aujourd'hui, on l'appellera la Porte Gotama; et le gué par lequel il traversera le Gange, on l'appellera le gué de Gotama." Et il en fut ainsi, en ce qui concerne la porte.

33. Mais quand le Béni du Ciel arriva au Gange, ce dernier était en pleine crue, de sorte que les corneilles pouvaient en boire. Et des gens partirent à la recherche d'un bateau ou d'un bac, cependant que d'autres assemblaient un radeau, parce qu'ils désiraient traverser. Mais le Béni du Ciel, aussi vite qu'un homme fort pourrait étendre son bras plié, ou replier son bras étendu, disparut de ce côté du Gange, et se retrouva de l'autre côté.


34. Et le Béni du Ciel vit les gens qui désiraient traverser chercher un bateau ou un bac, cependant que d'autres assemblaient des radeaux. Et alors le Béni du Ciel, les voyant ainsi, prononça cette phrase solennelle:

"Ceux qui ont franchi le vaste océan,

Laissant loin derrière les terres basses,

Alors que d'autres attachent encore leurs frêles radeaux,

Sont sauvés par la sagesse sans pareille."



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