XVI
TEJIVA SUTTA
où
sont les vrais brahma ?
Verset
16.1
Ainsi
ai-je entendu: Une fois, le Bienheureux, en voyageant dans le pays
Kosala avec un groupe important d'à peu près cinq
cents
disciples, arriva à Manasakata qui était un
village de
brahmanes. Alors le Bienheureux fit halte dans le parc des Manguiers
situé au nord du village, au bord de la rivière
Aciravati. A cette époque-là, beaucoup de
brahmanes
célèbres et riches, le brahmane Canki, le
brahmane
Tarukkha, le brahmane Pokkarasati, le brahmane Janussoni, le brahmane
Todeyya et d'autres encore vivaient dans le village.
Verset
16.2
Un
jour, une discussion naquit entre les jeunes brahmanes
nommés
Vasettha et Bharadvaja, sur le sujet de la voie et de la non-voie
(religieuses), alors qu'ils faisaient les cent pas. Le jeune brahmane
Vasettha dit: "La voie annoncée par le brahmane
Pokkarasati est la voie directe vers le salut, celle qui
mène
l'individu qui la suit à l'état d'union avec
Brahma."
(Cependant), le jeune brahmane Bharadvaja dit: "La voie
annoncée
par le brahmane Tarukkha est la voie directe vers le salut, celle qui
mène l'individu qui la suit à l'état
d'union
avec Brahma." Le jeune brahmane Vasettha ne put convaincre le
jeune brahmane Bharadvaja, ni le jeune brahmane Bharadvaja le jeune
brahmane Vasettha.
Verset
16.3
Enfin,
Vasettha dit à Bharadvja: Le religieux Gotama, fils des
Sakyas, ayant abandonné sa famille sakya et
quitté son
foyer pour entrer dans la vie religieuse, demeure ces jours-ci dans
le parc des Manguiers du village Manasakata.
Verset
16.4
A
propos du vénérable Gotama, une haute
réputation
s'est propagée partout: "Il est le Bienheureux,
l'Arahant, parfaitement et pleinement éveillé,
parfait
en sagesse et en conduite, bienvenu, le Connaisseur des mondes,
l'incomparable Guide des êtres qui doivent être
guidés,
l'Instructeur des dieux et des humains, le Bouddha, le Bienheureux."
Verset
16.5
Viens,
Bharadvaja. Allons voir le religieux Gotama, interrogeons-le sur
cette question et gardons sa réponse dans nos
pensées.
- Entendu, mon ami, répondit le jeune brahmane Bharadvaja.
Le
jeune brahmane Vasettha et le jeune brahmane Bharadvaja
s'approchèrent de l'endroit où se trouvait le
Bienheureux. S'étant approchés, ils
échangèrent
avec le Bienheureux des compliments de politesse et des paroles de
courtoisie, et s'assirent à l'écart sur un
côté.
Verset
16.6
S'étant
assis, le jeune brahmane Vasettha dit au Bienheureux: O
vénérable
Gotama, alors que nous faisions les cent pas en parlant, une
discussion s'éleva entre nous au sujet de la voie et de la
non-voie (religieuses). J'ai exprimé mon opinion ainsi: "La
voie annoncée par le brahmane Pokkarasati est la voie
directe
vers le salut, celle qui mène l'individu qui la suit
à
l'état d'union avec Brahma." (Cependant), Bharadvaja a
exprimé son opinion: "La voie annoncée par le
brahmane Tarukkha est la voie directe vers le salut, celle qui
mène
l'individu qui la suit à l'union avec Brahma." O
vénérable Gotama, en ce qui concerne ce sujet, il
y a
une dispute, un débat et une différence (entre
Bharadvaja et moi-même).
Verset
16.7
(Le
Bienheureux s'adressa au jeune brahmane Vasettha et dit): Vous dites,
ô Vasettha, que la voie annoncée par le brahmane
Pokkarasati est la voie directe vers le salut, celle qui
mène
l'individu qui la suit à l'état d'union avec
Brahma. Et
également vous dites que, selon Bharadvaja, la voie
annoncée
par le brahmane Tarukkha est la voie directe vers le salut, celle qui
mène l'individu qui la suit à l'état
d'union
avec Brahma. Alors, ô Vasettha, sur ce sujet y a-t-il
vraiment
une contestation, une dispute, une différence (entre vous
deux)?
Verset
16.8
Vasettha
répondit: En ce qui concerne la voie et la non-voie,
ô
vénérable Gotama, les brahmanes enseignent des
voies
différentes: par exemple, de nombreux (groupes de)
brahmanes,
comme les brahmanes Addhariya, les brahmanes Tittiriya, les brahmanes
Chandoka, les brahmanes Chandava, les brahmanes Brahmacariya,
enseignent des voies différentes.
Verset
16.9
Toutes
ces voies mènent-elles l'individu qui les suit au salut,
à
l'état d'union avec Brahma? Tout comme, ô
vénérable
Gotama, il y a de nombreuses voies près d'un village ou
près
d'un bourg, et tout comme toutes ces voies se rencontrent dans le
village et dans le bourg, il y a de nombreuses voies
annoncées
par les divers brahmanes, comme les brahmanes Addhariya (...) les
brahmanes Brahmacariya. Est-ce que toutes ces voies mènent
l'individu qui les suit au salut, à l'état
d'union avec
Brahma?
Verset
16.10
(Le
Bienheureux demanda): "Est-ce que vous affirmez, ô
Vasettha, que toutes ces voies dirigent correctement?" (Vasettha
répondit): "Oui, ô vénérable
Gotama.
J'affirme qu'elles dirigent correctement." (Pour la deuxième
fois, le Bienheureux demanda): "Est-ce que vous affirmez, ô
Vasettha, que toutes ces voies dirigent correctement?" (Pour la
deuxième fois, Vasettha répondit): "Oui,
ô
vénérable Gotama, j'affirme qu'elles dirigent
correctement." (Pour la troisième fois, le Bienheureux
demanda): "Est-ce que vous affirmez, ô Vasettha, que
toutes ces voies dirigent correctement ?" (Pour la troisième
fois, Vasettha répondit): "Oui, ô
vénérable
Gotama, j'affirme qu'elles dirigent correctement."
Verset
16.11
-
Cependant, ô Vasettha, y a-t-il un seul brahmane, parmi les
brahmanes versés dans les trois Veda, qui ait vu Brahma face
à
face personnellement? - Il n'y en a pas, ô
vénérable
Gotama.
Verset
16.12
-Y
a-t-il, ô Vasettha, un seul maître des brahmanes,
parmi
les maîtres des brahmanes versés dans les trois
Veda,
qui ait vu le Brahma face à face personnellement? - Il n'y
en
a pas, ô vénérable Gotama.
Verset
16.13
-
Y a-t-il, ô Vasettha, un seul précepteur ou
maître
de précepteur, parmi les précepteurs et les
maîtres
de précepteurs des brahmanes versés dans les
trois
Veda, qui ait vu Brahma face à face personnellement? - Il
n'y
en a pas, ô vénérable Gotama.
Verset
16.14
-
Y a-t-il, ô Vasettha, un seul brahmane, parmi les brahmanes
versés dans les trois Veda, pendant les dernières
générations jusqu'au septième
Acariya-Mahayuga,
qui ait vu Brahma face à face personnellement? - Il n'y en a
pas, ô vénérable Gotama.
Verset
16.15
-
Est-ce que, ô Vasettha, les anciens risi des brahmanes
versés
dans les trois Veda, les auteurs de formules, les faiseurs de
formules, dans lesquelles des formes anciennes de mots sont
chantées,
émises ou composées, que les brahmanes de nos
jours
chantent encore et encore, ou répètent, des risi
comme
Atthaka, Vamaka, Vamadeva, Vessamitta, Yamataggi, Anglrasa,
Bharadvaja, Vasettha, Kassapa, Bhagu, ont-ils dit: "Nous savons
qui est Brahma. Nous savons d'où il vient et où
il va?"
- Non, ô vénérable Gotama.
Verset
16.16
-Ainsi,
ô Vasettha, vous affirmez qu'aucun brahmane versé
dans
les trois Veda, ni leurs maîtres, ni leurs
précepteurs,
ni leurs maîtres de précepteurs, même
jusqu'à
la septième génération, qu'aucun d'eux
n'a
jamais vu Brahma face à face personnellement.
Verset
16.17
Egalement,
vous affirmez que les anciens risi des brahmanes versés dans
les trois Veda, qui étaient des auteurs de formules, des
faiseurs de formules, d'anciennes formes des mots que les brahmanes
de nos jours entonnent soigneusement, récitent
précisément
comme ils les ont appris par la tradition même, ces anciens
risi comme Atthaka, Vamaka (...) n'ont jamais dit: "Nous savons
qui est Brahma. Nous savons d'où il vient et où
il va."
Verset
16.18
Cependant,
les brahmanes versés dans les trois Veda, en disant par
exemple: "Voici la voie directe, voici la voie directe pour le
salut, celle qui mène (l'individu qui la suit) à
l'état
d'union avec Brahma ", dirent en réalité ceci:
"Nous montrons la voie de l'union avec quelqu'un dont nous ne
savons rien, que nous n'avons pas vu."
Verset
16.19
Maintenant,
qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Selon les faits, la parole des
brahmanes versés dans les trois Veda n'est-elle pas une
parole
insensée? -Certainement oui, ô
vénérable
Gotama. Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans
les trois Veda est une parole insensée.
Verset
16.20
-
En effet, ô Vasettha, il est impossible que ces brahmanes
versés dans les trois Veda soient capables de montrer la
voie
de l'union avec quelqu'un dont ils ne savent rien et qu'ils n'ont pas
vu.
Verset
16.21
Justement,
ô Vasettha, tout comme une rangée d'aveugles
attachés
l'un après l'autre - le premier aveugle ne peut pas voir,
l'aveugle qui est au milieu ne peut pas voir et celui qui est
à
la fin ne peut pas voir - de même, à mon avis, la
parole
des brahmanes versés dans les trois Veda est une parole
d'aveugle. Le premier ne peut pas voir, celui qui est au milieu ne
peut pas voir et celui qui est à la fin ne peut pas voir.
Verset
16.22
La
parole de ces brahmanes versés dans les trois Veda s'annonce
une parole ridicule, simplement des mots insensés, une
parole
vide et vaine.
Verset
16.23
Maintenant,
qu'en pensez-vous, ô Vasettha ? Les brahmanes
versés
dans les trois Veda voient-ils, tout comme les gens ordinaires, la
lune et le soleil qu'ils adorent, dont ils font l'éloge et
auxquels ils rendent hommage, les mains jointes, et ils rendent
hommage les mains jointes dans la direction où la lune et le
soleil se lèvent et se couchent?
Verset
16.24
-
Oui, ô vénérable Gotama. Les brahmanes
versés
dans les trois Veda peuvent, tout comme les gens ordinaires, voir la
lune et le soleil qu'ils adorent, dont ils font l'éloge,
auxquels ils rendent hommage les mains jointes, et ils rendent
hommage dans les directions où la lune et le soleil se
lèvent
et se couchent.
Verset
16.25
-
Qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Ces brahmanes
versés dans
les trois Veda sont-ils capables de montrer la voie vers un
état
d'union avec la lune et le soleil qu'ils adorent, dont ils font
l'éloge, auxquels ils rendent hommage les mains jointes dans
la direction où la lune et le soleil se lèvent et
se
couchent, en disant: "Voici la voie directe, voici la voie
correcte qui mène (l'individu qui la suit) à
l'état
d'union avec la lune et le soleil." - Certainement, non, ô
vénérable Gotama.
Verset
16.26
-
Ainsi, ô Vasettha, vous affirmez que ces brahmanes
versés
dans les trois Veda sont capables, tout comme les gens ordinaires, de
voir la lune et le soleil qu'ils adorent (...) et, cependant, ces
brahmanes ne sont pas capables de montrer la voie vers un
état
d'union avec la lune et le soleil qu'ils adorent.
Verset
16.27
(...
D'autre part) vous affirmez qu'aucun de ces brahmanes versés
dans les trois Veda, ni leurs maîtres, ni leurs
précepteurs
et maîtres de précepteurs même
jusqu'à la
septième génération, n'a jamais vu
Brahma.
Verset
16.28
(Egalement)
vous affirmez que les anciens risi des brahmanes versés dans
les trois Veda, qui étaient des auteurs de formules, des
faiseurs de formules (...) n'ont pas dit: "Nous savons qui est
Brahma. Nous savons d'où il vient et où il va."
Verset
16.29
Cependant,
ces brahmanes versés dans les trois Veda, en disant par
exemple: "Voici la voie directe, voici la voie correcte vers le
salut, qui mène (l'individu qui la suit) à
l'état
d'union avec le Brahma ", dirent en réalité ceci:
"Nous montrons la voie pour s'unir avec quelqu'un dont nous ne
savons rien, que nous ne voyons pas."
Verset
16.30
Maintenant,
qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Selon les faits, la parole des
brahmanes versés dans les trois Veda n'est-elle pas une
parole
insensée? - Certainement oui, ô
vénérable
Gotama. Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans
les trois Veda est une parole insensée.
Verset
16.31
-
Bien, ô Vasettha. Il est impossible que ces brahmanes
versés
dans les trois Veda soient capables de montrer la voie pour s'unir
avec quelqu'un dont ils ne savent rien, qu'ils n'ont jamais vu.
Verset
16.32
Supposons,
ô Vasettha, qu'un homme dise: "J'attends la plus belle
jeune fille de ce pays et j'ai le désir de l'avoir ", les
gens alors lui demanderaient: "Bien, cher ami, à propos
de la plus belle jeune fille de ce pays que vous attendez et que vous
désirez, savez-vous si cette jeune fille a pour origine la
caste des nobles, la caste des brahmanes, la caste des
commerçants
ou bien la caste des Sudras ? " Questionné ainsi, il
répondrait: "Je ne sais pas."
Verset
16.33
Les
gens lui demanderaient alors: "Eh bien, cher ami, la plus belle
jeune fille de ce pays que vous attendez et que vous
désirez,
connaissez-vous son nom ou le nom de sa famille? Cette jeune fille
est-elle grande ou petite ou de taille moyenne? Est-elle noire, ou
brune, ou couleur d'or? Savez-vous dans quel village ou quelle ville
elle habite ? " Questionné ainsi, il répondrait:
"Je ne sais pas."
Verset
16.34
Les
gens alors lui demanderaient: "Eh bien, cher ami, n'est-il pas
vrai que vous attendez et désirez une jeune fille que vous
ne
connaissez pas, que vous n'avez jamais vue?" Questionné
ainsi, il répondrait par l'affirmative. Maintenant, qu'en
pensez-vous, ô Vasettha? Selon les faits, la parole de cet
homme ne s'avère-t-elle pas une parole insensée?-
Certainement oui, ô vénérable Gotama.
Selon les
faits, la parole de cet homme s'avère une parole
insensée.
Verset
16.35
-De
même, ô Vasettha, vous affirmez que ces brahmanes
versés
dans les trois Veda, ni leurs maîtres, ni leurs
précepteurs,
ni leurs maîtres de précepteurs, même
jusqu'à
la septième génération, qu'aucun d'eux
n'a
jamais vu Brahma face à face personnellement.
Verset
16.36
(Egalement)
vous affirmez que les anciens risi des brahmanes versés dans
les trois Veda, qui étaient des auteurs de formules, des
faiseurs de formules, d'anciennes formes des mots que les brahmanes
de nos jours entonnent soigneusement, récitent
précisément
comme ils les ont appris par la tradition même ces anciens
risi
comme Atthaka, Vamaka (...) n'ont jamais dit: "Nous savons qui
est Brahma. Nous savons d'où il vient et où il
va."
Verset
16.37
Cependant,
les brahmanes versés dans les trois Veda, en disant par
exemple: "Voici la voie directe, voici la voie directe pour le
salut, celle qui mène (l'individu qui la suit) à
l'état
d'union avec Brahma ", dirent en réalité ceci:
"Nous montrons la voie de l'union avec quelqu'un dont nous ne
savons rien, que nous n'avons pas vu."
Verset
16.38
Maintenant,
qu'en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les faits, la parole
des
brahmanes versés dans les trois Veda n'est-elle pas une
parole
insensée? - Certainement oui, ô
vénérable
Gotama. Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans
les trois Veda est une parole insensée.
Verset
16.39
-
Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces
brahmanes
versés dans les trois Veda soient capables de montrer la
voie
de l'union avec quelqu'un dont ils ne savent rien et qu'ils n'ont pas
vu.
Verset
16.40
Supposons,
ô Vasettha, qu'un homme veuille construire un escalier pour
une
maison située à un carrefour. Les gens lui
demanderaient: "Eh bien, cher ami, cette maison pour laquelle
vous allez construire un escalier, savez-vous si elle est
située
à l'est ou au sud, à l'ouest ou bien au nord?
Savez-vous si cette maison est grande ou petite ou de taille moyenne
? " Questionné ainsi, il répondrait: "Je ne
sais pas." Les gens alors lui diraient: "Alors, cher ami,
n'est-il pas vrai que vous voulez construire un escalier pour monter
à une maison dont vous ne savez rien et que vous ne voyez
pas?
" Questionné ainsi, il répondrait par
l'affirmative.
Verset
16.41
Maintenant,
qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Selon les faits, la parole de
cet homme ne s'avère-t-elle pas une parole
insensée? -
Certainement oui, ô vénérable Gotama.
Selon les
faits, la parole de cet homme s'avère une parole
insensée.
Verset
16.42
-De
même, ô Vasettha, vous affirmez que ces brahmanes
versés
dans les trois Veda, ni leurs maîtres, ni leurs
précepteurs,
ni leurs maîtres de précepteurs, même
jusqu'à
la septième génération, qu'aucun d'eux
n'a
jamais vu le Brahma face à face personnellement (...)
Verset
16.43
Cependant,
les brahmanes versés dans les trois Veda, en disant par
exemple: "Voici la voie directe, voici la voie directe pour le
salut, celle qui mène (l'individu qui la suit) à
l'état
d'union avec le Brahma ", dirent en réalité ceci:
"Nous montrons la voie de l'union avec quelqu'un dont nous ne
savons rien, que nous n'avons pas vu."
Verset
16.44
Maintenant,
qu'en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les faits, la parole
des
brahmanes versés dans les trois Veda n'est-elle pas une
parole
insensée? - Certainement oui, ô
vénérable
Gotama. Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans
les trois Veda est une parole insensée.
Verset
16.45
-
Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces
brahmanes
versés dans les trois Veda soient capables de montrer la
voie
de l'union avec quelqu'un dont ils ne savent rien et qu'ils n'ont pas
vu.
Verset
16.46
Supposons,
ô Vasettha, que cette rivière Aciravati soit
pleine
d'eau jusqu'au bord et, par conséquent,
débordante. Un
homme y arriverait dans l'espoir de la traverser pour aller sur
l'autre rive, ayant à faire sur l'autre rive. Cet homme,
debout sur la rive, commencerait par invoquer l'autre rive, en
disant: "Viens ici, ô l'autre rive! viens de ce
côté-ci!"
Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Se peut-il
qu'à
cause de l'invocation, de la prière, du souhait et de
l'éloge
de cet homme, l'autre rive vienne de ce côté-ci? -
Certainement non, ô vénérable Gotama.
Verset
16.47
-
De même, ô Vasettha, les brahmanes
versés dans les
trois Veda, en abandonnant des pratiques concernant les
qualités
par lesquelles on devient un vrai brahmane et en assimilant des
pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient
un
non-brahmane, répètent ainsi: "Nous invoquons
Indra, nous invoquons Soma, nous invoquons Varuna, nous invoquons
Isana, nous invoquons Pajapati, nous invoquons Brahma, nous invoquons
Mahiddhi, nous invoquons Yama."
Verset
16.48
En
vérité, ô Vasettha, ces brahmanes
versés
dans les trois Veda, en abandonnant des pratiques concernant les
qualités par lesquelles on devient un vrai brahmane,
assimilent de plus des pratiques concernant les qualités par
lesquelles on devient un non-brahmane.
Verset
16.49
Il
est impossible que, à cause de leurs invocations, de leurs
prières, de leurs souhaits, de leurs éloges, ils
puissent s'unir avec le Brahma, après la dissolution de leur
corps, après leur mort.
Verset
16.50
Supposons,
ô Vasettha, que cette rivière Aciravati soit
pleine
d'eau jusqu'au bord et, par conséquent,
débordante. Un
homme y arriverait dans l'espoir de traverser la rivière,
pour
aller sur l'autre rive, ayant à faire sur l'autre rive.
Supposons que les mains de cet homme qui est sur cette rive soient
attachées fortement dans son dos. Maintenant, qu'en
pensez-vous, ô Vasettha? Cet homme est-il capable d'aller sur
l'autre rive de la rivière Aciravati? - Certainement non,
ô
vénérable Gotama.
Verset
16.51
-
De même, ô Vasettha, il y a cinq choses
prédisposant
au désir. Dans la discipline des êtres nobles, ces
cinq
choses sont nommées une "chaîne " et
également
nommées un " lien".
Verset
16.52
Quelles
sont ces cinq choses: les formes connaissables par la conscience
visuelle désirées, aimées, plaisantes,
charmantes, attirantes, séduisantes; les sons connaissables
par la conscience auditive désirés,
aimés,
plaisants, charmants, attirants, séduisants; les odeurs
connaissables par la conscience olfactive
désirées,
aimées, plaisantes, charmantes, attirantes,
séduisantes;
les saveurs connaissables par la conscience gustative
désirées,
aimées, plaisantes, charmantes, attirantes,
séduisantes;
les choses tangibles connaissables par la conscience tactile
désirées, aimées, plaisantes,
charmantes,
attirantes, séduisantes.
Verset
16.53
En
vérité, ô Vasettha, telles sont les
choses
prédisposant au désir qui sont nommées
dans la
discipline des êtres nobles une " chaîne " et
également un " lien".
Verset
16.54
En
effet, ô Vasettha, les brahmanes versés dans les
trois
Veda sont attachés à ces cinq choses
prédisposant
au désir, ils se collent à elles, ils sont
inclinés
vers elles, ils sont infatués d'elles; ils ne voient pas
leur
danger ni ne savent combien ces cinq choses sont instables et
pourtant ils prennent plaisir à ces cinq choses.
Verset
16.55
En
effet, ô Vasettha, ces brahmanes versés dans les
trois
Veda, en abandonnant des pratiques concernant les qualités
par
lesquelles on devient un vrai brahmane et en assimilant des pratiques
concernant les qualités par lesquelles on devient un
non-brahmane, demeurent attachés à ces cinq
choses
prédisposant au désir.
Verset
16.56
Ils
se collent à ces cinq choses, ils sont inclinés
vers
elles (...)
Verset
16.57
Il
est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda,
après la dissolution de leur corps, après leur
mort,
s'unissent à Brahma.
Verset
16.58
Supposons,
ô Vasettha, que cette rivière Aciravati soit
pleine
d'eau jusqu'au bord et, par conséquent,
débordante. Un
homme y arriverait dans l'espoir de traverser la rivière,
pour
aller sur l'autre rive, ayant à faire sur l'autre rive.
Cependant, il s'étend pour dormir sur ce
côté-ci.
Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Cet homme est-il
capable de gagner l'autre rive? - Certainement non, ô
vénérable
Gotama.
Verset
16.59
-
De même, ô Vasettha, il y a cinq entraves. Dans la
discipline des êtres nobles, ces cinq entraves sont
nommées
des " voiles " et également nommées des "
obstacles". Quelles sont ces cinq entraves? La convoitise
sensuelle, la malveillance, la torpeur physique et mentale et la
langueur, l'inquiétude et le tracas, le doute.
Verset
16.60
Les
brahmanes versés dans les trois Veda sont voilés,
encombrés, empêchés et
empêtrés par
ces cinq entraves.
Verset
16.61
En
vérité, ô Vasettha, ces brahmanes
versés
dans les trois Veda, en abandonnant les pratiques concernant les
qualités par lesquelles on devient un vrai brahmane et en
assimilant des pratiques concernant les qualités par
lesquelles on devient un non-brahmane, sont voilés,
encombrés,
empêchés et empêtrés par ces
cinq entraves.
Verset
16.62
En
effet, ô Vasettha, il est impossible que ces brahmanes
versés
dans les trois Veda, après la dissolution de leur corps,
après
leur mort, s'unissent à Brahma.
Verset
16.63
Maintenant,
qu'en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les paroles des
brahmanes
que vous avez écoutées et selon les discussions
des
savants, des précepteurs et des maîtres de
précepteurs
des brahmanes que vous avez entendues, oui ou non, du Brahma
possède-t-il les femmes et la richesse? - Il ne les
possède
pas, ô vénérable Gotama.
Verset
16.64
-
La pensée de Brahma est-elle haineuse ou est-elle
libérée
de la haine? - Sa pensée est libérée
de la
haine, ô vénérable Gotama. - La
pensée de
Brahma est-elle malveillante ou est-elle libérée
de la
malveillance? - Sa pensée est libérée
de la
malveillance, ô vénérable Gotama. - La
pensée
de Brahma est-elle impure ou est-elle libérée de
l'impureté ? - Sa pensée est
libérée de
l'impureté, ô vénérable
Gotama. -Est-ce
que Brahma a la maîtrise de soi ou n'a-t-il pas la
maîtrise
de soi? - Il a la maîtrise de soi, ô
vénérable
Gotama.
Verset
16.65
-
Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Les brahmanes
versés
dans les trois Veda possèdent-ils ou non les femmes et la
richesse? - Ils les possèdent, ô
vénérable
Gotama.
Verset
16.66
-
La pensée des brahmanes est-elle haineuse ou est-elle
libérée
de la haine? - Leur pensée est haineuse, ô
vénérable
Gotama. -La pensée des brahmanes est-elle malveillante ou
est-elle libérée de la malveillance? - Leur
pensée
est malveillante, ô vénérable Gotama. -
La pensée
des brahmanes est-elle impure ou est-elle libérée
de
l'impureté? - Leur pensée est impure, ô
vénérable
Gotama. - Est-ce que ces brahmanes ont la maîtrise de soi ou
n'ont-ils pas la maîtrise de soi? - Ils n'ont pas la
maîtrise
de soi, ô vénérable Gotama.
Verset
16.67
-
Alors, ô Vasettha, vous affirmez que ces brahmanes
versés
dans les trois Veda possèdent les femmes et la richesse,
tandis que Brahma ne les possède pas. Comment peut-il alors
y
avoir une concordance et une similitude entre les brahmanes
versés
dans les trois Veda qui possèdent les femmes et la richesse
et
Brahma qui ne les possède pas? - Non, il n'y a pas de
similitude, ô vénérable Gotama.
Verset
16.68
-
Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces
brahmanes
versés dans les trois Veda, qui possèdent les
femmes et
la richesse, après la dissolution de leur corps,
après
leur mort, s'unissent à Brahma.
Verset
16.69
Vous
affirmez, ô vasettha, que la pensée de ces
brahmanes est
haineuse, tandis que la pensée de Brahma est
libérée
de la haine (...) Vous affirmez que la pensée de ces
brahmanes
est malveillante, tandis que la pensée de Brahma est
libérée
de la malveillance (...) Vous affirmez que la pensée de ces
brahmanes est impure, tandis que la pensée de Brahma est
libérée de l'impureté (...) Vous
affirmez que
ces brahmanes n'ont pas la maîtrise de soi, tandis que le
Brahma a la maîtrise de soi (...) Comment peut-il alors y
avoir
une concordance et une similitude entre les brahmanes versés
dans les trois Veda, qui n'ont pas la maîtrise de soi, et
Brahma, qui a la maîtrise de soi ? - Non, il n'y a pas de
similitude, ô vénérable Gotama.
Verset
16.70
-
Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces
brahmanes
versés dans les trois Veda, qui n'ont pas la
maîtrise de
soi, après la dissolution de leur corps, après la
mort,
s'unissent à Brahma.
Verset
16.71
Ces
brahmanes versés dans les trois Veda, ô Vasettha,
en
s'installant (dans leurs opinions religieuses) se noient (dans leur
mirage) et ainsi nageant ils arrivent seulement à une
pensée
désespérée selon laquelle ils sont en
train de
traverser un pays sec.
Verset
16.72
Ainsi,
la "triple connaissance" de ces brahmanes versés
dans les trois Veda n'est qu'un désert. Leur " triple
connaissance " n'est qu'une forêt. Leur "triple
connaissance " n'est qu'un péril.
Verset
16.73
Lorsque
le Bienheureux eut ainsi parlé, le jeune brahmane Vasettha
dit: J'ai entendu dire que le vénérable Gotama
connaît
la voie menant à s'unir avec le Brahma.
Verset
16.74
-Qu'en
pensez-vous, ô Vasettha? Le village de Manasakata, n'est-ce
pas
près d'ici, n'est-il pas loin d'ici? - C'est vrai,
ô
vénérable Gotama. Manasakata est près
d'ici, il
n'est pas loin d'ici.
Verset
16.75
-Qu'en
pensez-vous, ô Vasettha? Supposons qu'un homme né
à
Manasakata et qui y aurait grandi viendrait d'y revenir. Des gens lui
demanderaient le chemin de Manasakata: est-ce que cet homme aurait
une difficulté ou un doute pour l'indiquer ? - Certainement
non, ô vénérable Gotama, car tous les
chemins qui
conduisent à Manasakata sont bien familiers à cet
homme
qui est né et a grandi dans ce village de Manasakata.
Verset
16.76
-
Il est possible, ô Vasettha, que cet homme qui est
né et
qui a grandi à Manasakata puisse avoir une
difficulté
ou un doute (pour dire le chemin de Manasakata). Cependant, si le
Tathagata était questionné sur le ciel du Brahma
ou sur
le chemin conduisant à ce ciel, il n'aurait pas de
difficulté
à répondre. Je connais Brahma, ô
Vasettha. Je
connais aussi le ciel de Brahma.
Verset
16.77
Je
connais également le chemin menant au ciel de Brahma. Je
sais
qui est sur le chemin menant au ciel de Brahma. Je sais
également
qui est né dans ce ciel de Brahma.
Verset
16.78
Lorsque
le Bienheureux eut ainsi parlé, le jeune brahmane Vasettha
dit: J'ai entendu dire que le vénérable Gotama
explique
le chemin de l'union avec le Brahma. Il est bon que le
vénérable
Gotama nous explique le chemin de l'union avec le Brahma. Que le
vénérable Gotama sauve la race des brahmanes !
Verset
16.79
-
Eh bien, ô Vasettha, écoutez,
réfléchissez
bien. Je vous expliquerai. - Je suis prêt, ô
vénérable
Gotama ", répondit le jeune brahmane Vasettha au
Bienheureux.
Verset
16.80
Le
Bienheureux dit: Sachez-le, ô Vasettha. Il apparaît
(de
temps en temps dans le monde) un Tathagata qui est un Arahant,
complètement et parfaitement éveillé,
parfait en
sagesse et parfait dans sa conduite, correctement arrivé
à
son but, connaisseur des mondes, incomparable guide des êtres
qui doivent être guidés, instructeur des dieux et
des
êtres humains, l'Eveillé, le Bienheureux (...).
Verset
16.81
Il
enseigne la doctrine, bonne en son début, bonne en son
milieu,
bonne en sa fin, bonne dans sa lettre et dans son esprit, et il
exalte la Conduite pure, parfaitement pleine et parfaitement pure.
Verset
16.82
Un
chef de famille, ou le fils d'un chef de famille, ou un individu
né
dans une quelconque famille entend cette doctrine. L'ayant entendue,
il atteint la confiance sereine en le Tathagata.
Verset
16.83
Parce
qu'il a atteint cette confiance sereine et qu'il en est pourvu, il
réfléchit ainsi: "Cette vie à la
maison est
pleine d'obstacles, elle est un chemin poussiéreux; la vie
religieuse est comparable au plein air.
Verset
16.84
Il
n'est pas aisé de pratiquer la Conduite pure
entièrement
pleine, entièrement pure, parfaite comme une conque
gravée,
en demeurant dans la vie domestique. Il faut donc que,
m'étant
rasé la barbe et les cheveux, ayant couvert mon corps des
vêtements ocre, je quitte ma maison pour mener une vie
religieuse, sans maison."
Verset
16.85
Plus
tard, ayant abandonné l'ensemble de ses biens, quelle qu'en
soit la valeur, ayant abandonné ses parents et son
entourage,
quel qu'en soit le nombre, s'étant rasé la barbe
et les
cheveux, ayant couvert son corps des vêtements ocre des
religieux, il quitte sa maison pour mener une vie religieuse, sans
maison.
Verset
16.86
Etant
ainsi devenu religieux, ce disciple mène une vie
maîtrisée
selon le Code de la discipline, une vie vertueuse en voyant un danger
même dans les petits manquements; il observe les
préceptes.
Verset
16.87
Les
actes du corps, les actes de la parole qu'il met en œuvre
sont
sains; le moyen de gagner sa vie est entièrement pur; il est
vertueux. Sa porte est gardée vis-à-vis des
facultés
sensorielles. Il possède la vigilance et la
compréhension;
il est pleinement satisfait.
Verset
16.88
Et
comment, ô Vasettha, ce disciple est-il vertueux? Ayant
abandonné le meurtre des êtres vivants, il
s'abstient du
meurtre des êtres vivants. Ayant déposé
le bâton,
déposé les armes, décent,
compatissant, il
demeure plein de bienveillance et de pitié envers tous les
êtres vivants.
Verset
16.89
Ayant
abandonné le vol, il s'abstient de prendre ce qu'on ne lui
donne pas. Il ne prend que ce qu'on lui donne; il ne tient
qu'à
ce qu'on lui donne. Il vit étant lui-même
purifié,
ignorant le vol.
Verset
16.90
Ayant
abandonné l'incontinence, il est chaste et continent; il se
tient à l'écart, s'abstenant de cette pratique
vulgaire
dite le " rapport sexuel".
Verset
16.91
Ayant
abandonné la parole mensongère, il s'abstient de
mensonge. Il est un partisan de la vérité.
Attaché
à la vérité, il est sûr,
digne de
confiance, sans tromper le monde par sa parole.
Verset
16.92
Ayant
abandonné la parole calomnieuse, il s'abstient de parole
calomnieuse; ce qu'il a entendu ici, il ne le raconte pas
là-bas,
pour séparer ceux-là de ceux-ci; ce qu'il a
entendu
là-bas, il ne le raconte pas ici, pour séparer
ceux-ci
de ceux-là. Il ne parle qu'en vue de réconcilier
ceux
qui sont désunis ou d'accroître la concorde. Il se
plaît
dans l'harmonie, il trouve son plaisir dans l'harmonie, il trouve sa
joie dans l'harmonie. Il ne parle que pour créer l'harmonie.
Verset
16.93
Ayant
abandonné la parole grossière, il s'abstient de
parole
grossière. Il ne prononce que des paroles
irréprochables,
agréables à l'oreille, affectueuses, allant au
coeur,
courtoises, aimables à beaucoup de gens, plaisantes
à
beaucoup de gens.
Verset
16.94
Ayant
abandonné les propos frivoles, il s'abstient de propos
frivoles; il ne prononce que des paroles opportunes,
véridiques,
sensées, conformes à la doctrine et à
la
discipline, dignes d'être conservées,
raisonnables,
correspondant au but final, profitables.
Verset
16.95
Il
s'abstient de détruire les graines et les plantes. Il ne
prend
qu'un seul repas par jour, s'abstenant de manger pendant la nuit et
hors du temps (prescrit).
Verset
16.96
Il
s'abstient de spectacles de danse, de chant, de musique ou
d'agitation quelconque. Il s'abstient du port des guirlandes, de
l'usage des parfums et des onguents, des ornements et
décorations.
Il s'abstient de lits grands et luxueux.
Verset
16.97
Il
s'abstient d'accepter de l'or et de l'argent, des grains crus, de la
viande crue.
Verset
16.98
Il
s'abstient d'accepter des femmes et des jeunes filles, des esclaves
d'un sexe ou de l'autre.
Verset
16.99
Il
s'abstient d'accepter des chèvres, des moutons, des coqs,
des
porcs, des éléphants, des bovins ou des chevaux.
Il
s'abstient d'accepter des champs ou d'autres biens.
Verset
16.100
Il
s'abstient d'envoyer des messages ou d'en porter.
Verset
16.101
Il
s'abstient d'acheter et de vendre. Il s'abstient d'utiliser de faux
poids, de la fausse monnaie et de fausses mesures. Il s'abstient de
fourberie, de tromperie, de fraude, de pratiques tortueuses.
Verset
16.102
Il
s'abstient de blesser en coupant ou en perçant, de lier, de
pratiquer le vol à main armée ou par effraction,
d'exercer une forme quelconque de violence.
Verset
16.103
Il
s'abstient d'endommager les graines et plantes, à savoir les
graines nées d'une racine, les graines nées d'une
branche, les graines nées d'un noeud, les graines
nées
d'une greffe, les graines nées d'une graine, etc.
Verset
16.104
Il
s'abstient de faire des réserves et d'en jouir, à
savoir réserves de nourriture, de boissons, de
vêtements,
de véhicules, de lits, de parfums, de friandises, etc.
Verset
16.105
Il
s'abstient de spectacles, à savoir danse, chant, musique,
théâtre, récitation, claquement des
mains, magie,
hautbois, groupes musicaux, jonglerie, jeu de bambou, lavage des
ossements, combats d'éléphants, de chevaux, de
buffles,
de taureaux, de boucs, de béliers, de coqs, de cailles, au
bâton, au poing, boxe, lutte, avant-garde, armée
déployée, revue de troupes, etc. - il s'abstient
de
tels spectacles.
Verset
16.106
Il
s'abstient de telles occupations consistant en jeux et
frivolités,
à savoir huit carrés, dix carrés, jeu
de plein
air, jeu où l'on évite les lignes, jeu de
présence,
dés, bâtonnets, main et pinceau, boules, charrue,
saut
périlleux, moulin a vent, mesures en feuilles de palmier,
chariot, petit arc, jeu de lettres, jeu de pensée, imitation
des défauts physiques, etc. - il s'abstient de telles
occupations consistant en jeux et frivolités.
Verset
16.107
Il
s'abstient de lits élevés et de couches
luxueuses, à
savoir fauteuils, divans, tapis de haute laine, courtepointes,
couvertures de laine, couvertures brodées de fleurs, matelas
de coton, couvertures à broderie d'animaux, couvertures avec
poil au-dessus ou avec poil d'un seul côté,
couvertures
de soie brodée de joyaux, soieries, tapis pour danseuses,
couvertures d'éléphants, de chevaux, de voitures,
housses en eau, belles couvertures en poil d'antilope, avec
baldaquins et coussins rouges des deux côtés, etc.
- il
s'abstient de tels lits élevés et de telles
couches
luxueuses.
Verset
16.108
Il
s'abstient d'occupations employant ornements et parures, à
savoir onguents, massages, bains, frictions, miroirs, pommades,
guirlandes, cosmétiques, poudres détersives pour
le
visage, fards, bracelets, chignons, cannes, boîtes,
épées,
parasols, sandales aux couleurs vives, turbans, joyaux,
éventails
en crin de buffle, vêtements blancs à longues
franges,
etc. - il s'abstient de telles occupations employant ornements et
parures.
Verset
16.109
Il
s'abstient de propos vulgaires, à savoir les conversations
à
propos des rois, des voleurs, des ministres, de l'armée, des
périls, des batailles, de la nourriture, de la boisson, des
vêtements, des lits, des guirlandes, des parfums, des
parents,
des véhicules, des bourgades, des marchés, des
villes,
des campagnes, des femmes, des hommes, des héros, des
routes,
des points d'eau, des morts, des sujets divers relatifs aux choses de
la nature, relatifs à l'océan, et à
propos de ce
qui est et ce qui n'est pas, etc. - il s'abstient de tels propos
vulgaires.
Verset
16.110
Il
s'abstient de tels propos chicaniers, à savoir des paroles
comme: "Toi, tu ne connais pas cette doctrine et cette
discipline, moi, je connais cette doctrine et cette discipline,
comment connaîtrais-tu cette doctrine et cette discipline? Tu
t'es engagé dans la mauvaise voie, moi je suis
engagé
dans la bonne voie. Je suis conséquent avec
moi-même, tu
es inconséquent. Tu as dit après ce qu'il fallait
dire
avant, tu as dit avant ce qu'il fallait dire après. Ce que
tu
as imaginé est jeté bas. Ta thèse est
réfutée:
tu es battu. Va te défaire de cette opinion-ci ou
démolis
celle-là, si tu en es capable, etc." - il s'abstient de
tels propos chicaniers.
Verset
16.111
Il
s'abstient d'occupations consistant à envoyer des messages
ou
en porter, à savoir pour les rois, les hauts fonctionnaires
du
roi, les nobles, les brahmanes, les chefs de famille, les jeunes
gens, en disant: "Va ici. Va là-bas. Emporte ceci
là-bas.
Apporte-le ici, etc." - il s'abstient de telles occupations
consistant à envoyer des messages ou en porter.
Verset
16.112
Il
s'abstient de fraudes et hâbleries qui sont
pratiquées
par des fraudeurs, hâbleurs, devins, jongleurs, et des
profiteurs, etc. - il s'abstient de telles fraudes et
hâbleries.
Verset
16.113
Il
s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de
gagner
sa vie, à savoir en faisant des pronostics
d'après les
signes du corps, les auspices, les incidents extraordinaires, les
rêves, les marques, les déchirures
causées par
les rats, et en faisant des oblations comme les oblations dans le
feu, les oblations à la cuiller, les oblations de paille, de
poudre de riz, de grains de riz, de beurre, d'huile, de bouche, de
sang, et en pratiquant des sciences (occultes) comme la science du
corps, la science des lieux à bâtir, la science
des
lieux à cultiver, la science des propitiations, la science
des
démons, la science secrète, la science des
serpents,
des poissons, des scorpions, des rats, des oiseaux, des corneilles,
la prédiction du temps (qui reste) à vivre, la
protection contre les flèches, la protection contre le
règne
animal, etc. - il s'abstient de tels arts vulgaires, de telles
mauvaises façons de gagner sa vie.
Verset
16.114
Il
s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de
gagner
sa vie, à savoir en faisant des pronostics
d'après les
signes des joyaux, des vêtements, des bâtons, des
couteaux, des épées, des dards, des arcs, des
armes en
général, des femmes, des hommes, des
garçons,
des filles, des esclaves mâles, des esclaves femelles, des
éléphants, des chevaux, des buffles, des
taureaux, des
boeufs, des chèvres, des béliers, des coqs, des
cailles, des varans, des bêtes à longues oreilles,
des
tortues, des bêtes sauvages,etc. - il s'abstient de tels arts
vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie.
Verset
16.115
Il
s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de
gagner
sa vie, à savoir en faisant des prédictions
comme: "Les
rois feront une sortie. Ceux-ci ne feront pas de sortie. Les rois
indigènes feront une avance. Les rois étrangers
feront
une retraite. Ceux-ci feront une avance. Les rois indigènes
feront une retraite. Ceux-ci feront une avance; les rois
indigènes
auront la victoire. Les rois étrangers auront la
défaite.
Ceux-ci auront la victoire. Les rois indigènes auront la
défaite. C'est ainsi qu'un tel aura la victoire, qu'un tel
aura la défaite, etc." - il s'abstient de tels arts
vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie.
Verset
16.116
Il
s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de
gagner
sa vie, à savoir en faisant des prédictions
comme: "Il
y aura une éclipse de lune, une éclipse de
soleil. Il y
aura une éclipse de constellation. La lune et le soleil
suivront leur chemin. La lune et le soleil quitteront leur chemin.
Les constellations suivront leur chemin. Les constellations
quitteront leur chemin. Il y aura chute de
météores. Il
y aura embrasement des orients. Il y aura tremblement de terre; il y
aura grondement céleste. La lune, le soleil, les
constellations monteront, descendront, seront brouillés,
seront purs. Voici quelles seront la conséquence de
l'éclipse
de lune, la conséquence de l'éclipse de soleil,
la
conséquence de l'éclipse de constellation, la
conséquence du fait que la lune et le soleil suivent leur
chemin, la conséquence du fait que la lune et le soleil
quittent leur chemin, la conséquence du fait que les
constellations suivent leur chemin, la conséquence du fait
que
les constellations quittent leur chemin, la conséquence de
la
chute de météores, la conséquence de
l'embrasement des orients, la conséquence du tremblement de
terre, la conséquence du grondement céleste,
quelle
sera la conséquence du fait que la lune, le soleil, les
constellations montent, descendent, sont brouillés, sont
purs,
etc." - il s'abstient de tels arts vulgaires, de telles
mauvaises façons de gagner sa vie.
Verset
16.117
Il
s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de
gagner
sa vie, à savoir en faisant des prédictions
comme: "Il
y aura une pluie abondante. Il n'y aura point de pluie. Il y aura une
riche moisson. Il y aura la disette. Il y aura la paix. Il y aura
péril de guerre. Il y aura la maladie. Il y aura la
santé
", ou encore en faisant des prédictions par les gestes,
par l'arithmétique, par le calcul improvisé, par
la
poésie, par les choses de la nature, etc. - il s'abstient de
tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa
vie.
Verset
16.118
Il
s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de
gagner
sa vie, à savoir par l'art de marier, de
réconcilier,
de désunir, de faire rentrer l'argent, de faire
prêter
de l'argent, de rendre heureux, de rendre malheureux, de faire
avorter, de paralyser la langue, de bloquer les mâchoires, de
conjurer les mains, de conjurer les oreilles, d'interroger le miroir,
d'interroger les filles, d'interroger les dieux, d'adorer le soleil,
d'adorer le sacrifice, de souffler le feu, d'invoquer la
déesse
Fortune, etc. - il s'abstient de tels arts vulgaires, de telles
mauvaises façons de gagner sa vie.
Verset
16.119
Il
s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de
gagner
sa vie par les pratiques magiques, à savoir les pratiques
magiques en vue d'apporter la bénédiction, de se
libérer de promesses faites, de se protéger, de
garder
sa maison, de donner et d'ôter la virilité, de
déterminer les lieux à bâtir, de
consacrer les
lieux à bâtir, de se rincer la bouche, de se
baigner, de
faire des oblations, de faire vomir, de purger, de chasser les
impuretés par le haut, de les chasser par le bas, de chasser
celles qui sont dans la tête, de préparer de
l'huile
pour l'oreille, des lavages des yeux, des drogues à respirer
par le nez, des collyres, des onguents, d'exercer l'ophtalmologie, la
chirurgie, la pédiatrie, d'appliquer de nouveaux
remèdes
consistant en racines, de contrecarrer l'effet de
médicaments,
etc. - il s'abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises
façons de gagner sa vie. C'est là sa part dans la
morale.
Verset
16.120
Ce
disciple religieux, ô Vasettha, qui est devenu ainsi
vertueux,
ne voit aucun danger nulle part. Tout comme un prince dûment
couronné, qui a terrassé ses ennemis, ne voit
plus de
danger d'aucun côté pour ce qui est de ses
adversaires,
de même ô Vasettha, un disciple religieux qui suit
ainsi
les principes moraux ne voit plus de danger d'aucun
côté,
pour ce qui est de la défense morale. Pourvu de ce noble
ensemble de vertus, il éprouve intérieurement le
bonheur de l'irréprochabilité. C'est ainsi,
ô
Vasettha, que le disciple religieux possède une bonne
conduite.
Verset
16.121
Et
comment, ô Vasettha, le disciple religieux a-t-il sa porte
gardée vis-à-vis des facultés
sensorielles ?
Verset
16.122
Lorsqu'il
voit une forme au moyen de son œil, il n'en saisit ni les
apparences générales ni les détails
car, en
conséquence de ce que l'organe de l'oeil demeure non
maîtrisé,
les choses mauvaises et vicieuses, la convoitise et la frustration,
peuvent s'y introduire; il se garde contre l'organe de l'oeil; il se
met en état de défense contre l'organe de l'oeil.
Lorsqu'il entend un son au moyen de son oreille (...)
Verset
16.123
Lorsqu'il
sent une odeur au moyen de son nez (...)
Verset
16.124
Lorsqu'il
goûte une saveur au moyen de sa langue (...)
Verset
16.125
Lorsqu'il
sent une chose tangible au moyen de son corps (...)
Verset
16.126
Lorsqu'il
connaît une idée au moyen de sa pensée,
il n'en
saisit ni les apparences générales ni les
détails
car, en conséquence de ce que cet organe de la
pensée
demeure non maîtrisé, les choses mauvaises et
vicieuses,
la convoitise et la frustration, peuvent s'y introduire; il se garde
contre l'organe de la pensée; il se met en état
de
défense contre l'organe de la pensée. C'est
ainsi, ô
Vasettha, que le disciple religieux a sa porte gardée
vis-à-vis des facultés sensorielles.
Verset
16.127
Et
comment, ô Vasettha, le disciple religieux
possède-t-il
la conscience et la compréhension? Dans ce cas, ô
Vasettha, en allant ou en venant, le disciple religieux agit avec
conscience et compréhension. En regardant devant ou autour
de
lui, il agit avec conscience et compréhension. En
étendant
ou pliant ses membres, il agit avec conscience et
compréhension.
En mangeant ou en buvant, en mastiquant, en goûtant, il agit
avec conscience et compréhension. En
déféquant
et en urinant, il agit avec conscience et compréhension. En
étant debout, en s'asseyant, s'endormant,
s'éveillant,
parlant ou se taisant, il agit avec conscience et
compréhension.
Verset
16.128
Et
comment, ô Vasettha, le disciple religieux est-il pleinement
satisfait? Dans ce cas, ô Vasettha, le disciple religieux est
pleinement satisfait d'un vêtement (monastique) qui lui
préserve le corps et des aumônes de nourriture
dont il
sustente son ventre; partout où il va, il va avec son
vêtement
(monastique) et avec son bol à aumône. Tout comme,
ô
Vasettha, un oiseau emporte ses ailes partout où il vole, de
même le disciple religieux qui est pleinement satisfait
emportant seulement, partout où il va, le vêtement
(monastique) dont il protège son corps et le bol
à
aumônes dont il sustente son ventre. C'est ainsi, ô
Vasettha, que le disciple religieux est pleinement satisfait.
Verset
16.129
Ainsi
pourvu de ce noble ensemble de vertus, pourvu de cette noble
maîtrise
des facultés sensorielles, pourvu de cette noble conscience
et
compréhension, pourvu enfin de cette noble satisfaction
absolue, le disciple religieux cherche et choisit une
résidence
à l'écart, dans un bois, au pied d'un arbre, dans
une
montagne, une grotte, une caverne, un cimetière, un plateau
boisé, un endroit découvert, une meule de paille.
Etant
revenu de sa tournée d'aumône, après
son repas,
il s'assied en repliant et croisant ses jambes, posant son corps bien
droit, fixant son attention.
Verset
16.130
Ayant
abandonné la convoitise dans ce monde, il demeure avec la
pensée débarrassée de convoitise; il
purifie sa
pensée de la convoitise.
Verset
16.131
Ayant
abandonné la haine et la méchanceté,
il demeure
avec la pensée débarrassée de
méchanceté;
il purifie sa pensée de la haine et de la
méchanceté.
Verset
16.132
Ayant
abandonné la paresse et la torpeur, il demeure avec la
pensée
débarrassée de la paresse et de la torpeur;
attentif,
pleinement conscient de ce qu'il voit, il purifie sa pensée
de
la paresse et de la torpeur.
Verset
16.133
Ayant
abandonné l'agitation et le regret, il demeure avec la
pensée
débarrassée d'agitation et de regret; la
pensée
apaisée intérieurement, il purifie sa
pensée de
l'agitation et du regret.
Verset
16.134
Ayant
abandonné le doute, il demeure avec la pensée
débarrassée du doute; il est sans
perplexité
touchant les choses bonnes, il purifie sa pensée du doute.
Verset
16.135
Tant
que, ô Vasettha, ces cinq entraves n'ont pas disparu, le
disciple religieux se considère lui-même comme
quelqu'un
qui est endetté, comme quelqu'un qui est malade, comme
quelqu'un qui est en prison, comme quelqu'un qui est vendu comme
esclave, comme quelqu'un qui a perdu sa voie dans le désert.
Verset
16.136
Cependant,
ô Vasettha, lorsque le disciple religieux s'est
débarrassé
de ces cinq entraves, il se considère lui-même
comme
quelqu'un qui est libéré de ses dettes, comme
quelqu'un
qui s'est guéri de sa maladie, comme quelqu'un qui est
libéré
de sa prison, comme quelqu'un qui est libre et assuré.
Verset
16.137
Lorsque
le disciple religieux considère ces cinq entraves dont il
s'est libéré en lui-même, la joie
naît en
lui; de la joie naît l'allégresse; lorsque sa
pensée
est allègre, son corps se calme; lorsque son corps est
calmé,
il ressent le bonheur; lorsqu'il est heureux, sa pensée se
concentre bien.
Verset
16.138
Ensuite
il demeure en faisant rayonner la pensée de bienveillance
dans
une direction (de l'espace), et de même dans une
deuxième,
dans une troisième, dans une quatrième,
au-dessus,
au-dessous, au travers, partout dans sa totalité, en tout
lieu
de l'univers, il demeure en faisant rayonner la pensée de
bienveillance, large, profonde, sans limite, sans haine et
libérée
d'inimitié.
Verset
16.139
Tout
comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trompette fait
entendre sans difficulté dans quatre directions le son de
son
instrument, de même est la libération de la
pensée
atteinte par la bienveillance, et ici il n'y aura plus aucun kamma
restreint, il n'y restera aucun kamma restreint. Ainsi donc,
ô
Vasettha, c'est un chemin de l'union avec Brahma.
Verset
16.140
Ensuite,
ô Vasettha, le disciple religieux demeure en faisant rayonner
la pensée de compassion dans une direction (de l'espace), et
de même dans une deuxième, dans une
troisième
(...) il demeure faisant rayonner la pensée de compassion,
large, profonde, sans limite, sans haine et
libérée
d'inimitié.
Verset
16.141
Tout
comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trompette fait
entendre sans difficulté dans quatre directions le son de
son
instrument, de même est la libération de la
pensée
atteinte par la compassion, et ici il n'y aura plus aucun kamma
restreint, il n y restera aucun kamma restreint. Ainsi donc,
ô
Vasettha, c'est aussi un chemin de l'union avec Brahma.
Verset
16.142
Ensuite,
ô Vasettha, le disciple religieux demeure en faisant rayonner
la pensée de joie sympathique dans une direction (de
l'espace), et de même dans une deuxième, dans une
troisième (...) il demeure en faisant rayonner la
pensée
de joie sympathique, large, profonde, sans limite, sans haine et
libérée d'inimitié.
Verset
16.143
Tout
comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trompette fait
entendre sans difficulté dans quatre directions le son de
son
instrument, de même est la libération de la
pensée
atteinte par la joie sympathique, et ici il n'y aura plus aucun kamma
restreint, il n'y restera aucun kamma restreint. Ainsi donc,
ô
Vasettha, c'est aussi un chemin de l'union avec Brahma.
Verset
16.144
Ensuite,
ô Vasettha, le disciple religieux demeure en faisant rayonner
la pensée d'équanimité dans une
direction (de
l'espace), et de même dans une deuxième, dans une
troisième (...) il demeure en faisant rayonner la
pensée
d'équanimité, large, profonde, sans limite, sans
haine
et libérée d'inimitié.
Verset
16.145
Tout
comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trompette fait
entendre sans difficulté dans quatre directions le son de
son
instrument, de même est la libération de la
pensée
atteinte par l'équanimité, et ici il n'y aura
plus
aucun kamma restreint, il n'y restera aucun kamma restreint. Ainsi
donc, ô Vasettha, c'est aussi un chemin de l'union avec
Brahma.
Verset
16.146
Maintenant,
qu'en pensez-vous, ô Vasettha ? Le disciple religieux qui
mène
sa vie ainsi, possède-t-il les femmes et la richesse ? - Il
ne
les possède pas, ô vénérable
Gotama. - La
pensée du disciple religieux est-elle haineuse ou est-elle
libérée de la haine? - Sa pensée est
libérée
de la haine, ô vénérable Gotama. - La
pensée
du disciple religieux est-elle malveillante ou est-elle
libérée
de la malveillance? - Sa pensée est
libérée de
la malveillance, ô vénérable Gotama. -
La pensée
du disciple religieux est-elle impure ou est-elle
libérée
de l'impureté? - Sa pensée est
libérée de
l'impureté, ô vénérable
Gotama. - Est-ce
que le disciple religieux a la maîtrise de soi, ou n'a-t-il
pas
la maîtrise de soi? - Il a la maîtrise de soi,
ô
vénérable Gotama.
Verset
16.147
-
Alors, ô Vasettha, vous affirmez que le disciple religieux ne
possède pas les femmes et la richesse et que Brahma ne les
possède pas non plus. N'y a-t-il pas une concordance et une
similitude entre le disciple religieux qui ne possède pas
les
femmes et la richesse et Brahma qui ne possède pas les
femmes
et la richesse? - Certainement oui, ô
vénérable
Gotama. Il y a une similitude.
Verset
16.148
-Très
bien, ô Vasettha. En vérité, alors, il
est
possible que ce disciple religieux qui ne possède pas les
femmes et la richesse, après la dissolution de son corps,
après sa mort, se réunisse à Brahma
qui ne
possède pas les femmes et la richesse!
Verset
16.149
Alors,
ô Vasettha, vous affirmez que le disciple religieux est
libéré
de la haine et que Brahma est aussi libéré de la
haine.
N'y a-t-il pas une concordance et une similitude entre le disciple
religieux qui est libéré de la haine et le Brahma
qui
est libéré de la haine? - Certainement oui,
ô
vénérable Gotama, il y a une similitude.