V
VELUDVAREYYA SUTTA
Conseils
aux laïcs
Verset 5.1
Ainsi
ai-je entendu: Une fois, le Bienheureux voyageant dans les provinces du
pays Kosala, avec une grande troupe de disciples, arriva à
Veludvara, un village de brahmanes. Les habitants de Veludvara,
brahmanes chefs de famille, apprirent que le religieux Gotama, fils des
Sakyas, qui avait abandonné sa famille sakyas, et
quitté son foyer pour entrer dans la vie religieuse, en
voyageant dans les provinces du pays Kosala, était parvenu
à Veludvara.
Verset 5.2
En effet,
une bonne réputation s'était propagée
à propos du Bienheureux Gotama: Il est le Bienheureux,
l'Arahant, parfaitement et pleinement éveillé,
parfait en sagesse et en conduite, bien arrivé (à
son but), le Connaisseur des mondes, l'incomparable Guide des
êtres qui doivent être guidés,
l'Instructeur des dieux et des humains, le Bouddha, le Bienheureux.
Verset 5.3
Ayant
connu lui-même ce monde-ci avec ses dieux, avec ses Mara(s)
et ses Brahma(s), avec ses troupes de religieux et de brahmanes, ses
êtres célestes et humains, il le fait
connaître.
Verset 5.4
Il
enseigne la doctrine, bonne en son début, bonne en son
milieu, bonne en sa fin, bonne dans sa lettre et dans son esprit, et il
exalte la Conduite pure parfaitement pleine, parfaitement pure.
Rencontrer un tel Arahant est vraiment une chance."
Verset 5.5
Les
brahmanes chefs de famille, habitants de Veludvara, rendirent visite au
Bienheureux. En arrivant, certains parmi eux rendirent hommage au
Bienheureux, puis s'assirent à l'écart sur un
côté. D'autres échangèrent
avec lui des politesses et des paroles de courtoisie, puis s'assirent
à l'écart sur un côté.
Certains, les mains jointes, se tournèrent vers le
Bienheureux puis s'assirent à l'écart sur un
côté. D'autres encore, ayant
énoncé leurs noms et leurs noms de famille,
s'assirent à l'écart sur un
côté. D'autres s'assirent à
l'écart sur un côté sans rien dire.
Verset 5.6
S'étant
assis à l'écart sur un côté,
les brahmanes chefs de famille, habitants de Veludvara,
s'adressèrent au Bienheureux et dirent: O
vénérable Gotama, nous sommes des gens qui ont
telles passions, tels espoirs, telles intentions comme: "de vivre au
milieu de beaucoup d'enfants", "d'utiliser le santal de
Bénarès", "de porter des guirlandes et d'utiliser
des parfums et des onguents", "d'accepter l'or et l'argent", "de
renaître dans les destinations heureuses, dans les
états célestes, après la dissolution
du corps, après la mort".
Verset 5.7
Nous vous
demandons, ô vénérable Gotama,
enseignez-nous une doctrine selon laquelle nous pourrions vivre avec
telles passions, tels espoirs, telles intentions comme: "De vivre au
milieu de beaucoup d'enfants, d'utiliser le santal de
Bénarès, de porter des guirlandes et d'utiliser
des parfums et des onguents, d'accepter l'or et l'argent, de
renaître dans les destinations heureuses, dans les
états célestes, après la dissolution
du corps, après la mort."
Verset 5.8
Le
Bienheureux dit: O chefs de famille, je vous enseignerai donc un mode
de vie qui procure un profit à chacun. Ecoutez-le. Rendez
vos oreilles attentives". Entendu, ô
vénérable Gotama", répondirent les
brahmanes chefs de famille, habitants de Veludvara.
Verset 5.9
Le
Bienheureux dit: Quel est, ô chefs de famille, le mode de vie
qui procure un profit à chacun? Imaginons, ô chefs
de famille, que le disciple noble réfléchisse
ainsi: "J'aime la vie et je ne veux pas mourir. J'aime la joie et je
répugne aux douleurs. Si je suis privé de la vie
par quelqu'un, c'est un fait qui n'est ni agréable ni
plaisant pour moi. Si, moi, je prive quelqu'un d'autre de sa vie, ce ne
sera un fait ni agréable ni plaisant pour lui, car il ne
veut pas qu'on le tue, et il aime la joie, et il répugne aux
douleurs.
Verset 5.10
Ainsi, un
fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi doit
être un fait qui n'est ni agréable ni plaisant
pour quelqu'un d'autre. Donc, un fait qui n'est ni agréable
ni plaisant pour moi, comment puis-je l'infliger à quelqu'un
d'autre?
Verset 5.11
Le
résultat d'une telle réflexion est que le
disciple noble lui-même s'abstient de tuer les
êtres vivants. Il encourage les autres à
s'abstenir de tuer les êtres vivants. Il parle et fait
l'éloge d'une telle abstinence. Ainsi, en ce qui concerne la
conduite de son corps, il est complètement pur.
Verset 5.12
Et encore,
ô chefs de famille, imaginons que le disciple noble
réfléchisse ainsi: Si quelqu'un prenait avec
l'intention de la voler une chose m'appartenant que je ne lui ai pas
donnée, ce serait un fait ni agréable ni plaisant
pour moi. Si moi, je prenais avec l'intention de la voler une chose
appartenant à quelqu'un d'autre qu'il ne m'aurait pas
donnée, ce serait un fait ni agréable ni plaisant
pour lui.
Verset 5.13
Ainsi, un
fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi doit
être un fait qui n'est ni agréable ni plaisant
pour quelqu'un d'autre. Donc, un fait qui n'est ni agréable
ni plaisant pour moi, comment puis-je l'infliger à quelqu'un
d'autre ?
Verset 5.14
Le
résultat d'une telle réflexion est que le
disciple noble lui-même s'abstient de prendre ce qui ne lui
est pas donné. Il encourage les autres à
s'abstenir de prendre ce qui ne leur est pas donné. Il parle
et fait éloge d'une telle abstinence. Ainsi, en ce qui
concerne la conduite de son corps, il est complètement pur.
Verset 5.15
Et encore,
ô chefs de famille, imaginons que le disciple noble
réfléchisse ainsi: Si quelqu'un avait des
relations sexuelles avec mes femmes, ce serait un fait ni
agréable ni plaisant pour moi. Si moi, j'avais des relations
sexuelles avec les femmes de quelqu'un d'autre, ce serait un fait ni
agréable ni plaisant pour lui.
Verset 5.16
Ainsi, un
fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi doit
être un fait qui n'est ni agréable ni plaisant
pour quelqu'un d'autre. Donc, un fait qui n'est ni agréable
ni plaisant pour moi, comment puis-je l'infliger à quelqu'un
d'autre?
Verset 5.17
Le
résultat d'une telle réflexion est que le
disciple noble lui-même s'abstient de s'engager dans les
relations sexuelles illicites. Il encourage les autres aussi
à s'abstenir de s'engager dans des relations sexuelles
illicites. Il parle et fait l'éloge d'une telle abstinence.
Ainsi, en ce qui concerne la conduite de son corps, il est
complètement pur.
Verset 5.18
Et encore,
ô chefs de famille, imaginons que le disciple noble
réfléchisse ainsi: Si quelqu'un entamait mon
bien-être par des mensonges, ce serait un fait ni
agréable ni plaisant pour moi. Si moi, j'entamais le
bien-être de quelqu'un d'autre par des mensonges, ce serait
un fait ni agréable ni plaisant pour lui.
Verset 5.19
Ainsi, un
fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi doit
être un fait qui n'est ni agréable ni plaisant
pour quelqu'un d'autre. Donc, un fait qui n'est ni agréable
ni plaisant pour moi, comment puis-je l'infliger à quelqu'un
d'autre?
Verset 5.20
Le
résultat d'une telle réflexion est que le
disciple noble lui-même s'abstient de dire des mensonges. Il
encourage les autres aussi à s'abstenir de dire des
mensonges. Il parle et fait l'éloge d'une telle abstinence.
Ainsi, en ce qui concerne la conduite de sa parole, il est
complètement pur.
Verset 5.21
Et encore,
ô chefs de famille, imaginons que le disciple noble
réfléchisse ainsi: Si quelqu'un me
séparait de mes amis par la calomnie, ce serait un fait ni
agréable ni plaisant pour moi. Si moi, je
séparais un autre de ses amis par la calomnie, ce serait un
fait ni agréable ni plaisant pour lui.
Verset 5.22
Ainsi, un
fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi doit
être un fait qui n'est ni agréable ni plaisant
pour quelqu'un d'autre. Donc, un fait qui n'est ni agréable
ni plaisant pour moi, comment puis je l'infliger à quelqu'un
d'autre?
Verset 5.23
Le
résultat d'une telle réflexion est que le
disciple noble lui-même s'abstient de dire des paroles
calomnieuses. Il encourage les autres aussi à s'abstenir de
dire des paroles calomnieuses. Il parle et fait l'éloge
d'une telle abstinence. Ainsi, en ce qui concerne la conduite de sa
parole, il est complètement pur.
Verset 5.24
Et encore,
ô chefs de famille, imaginons que le disciple noble
réfléchisse ainsi: Si quelqu'un me traitait avec
des paroles insensées, des paroles futiles, ce serait un
fait ni agréable ni plaisant pour moi. Si moi, je traitais
un autre avec des paroles insensées, des paroles futiles, ce
serait un fait ni agréable ni plaisant pour lui.
Verset 5.25
Ainsi, un
fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi doit
être un fait qui n'est ni agréable ni plaisant
pour quelqu'un d'autre. Donc, un fait qui n'est ni agréable
ni plaisant pour moi, comment puis-je l'infliger à quelqu'un
d'autre?
Verset 5.26
Le
résultat d'une telle réflexion est que le
disciple noble lui-même s'abstient de dire des paroles
insensées, des paroles futiles. Il encourage les autres
aussi à s'abstenir de dire des paroles insensées,
des paroles futiles. Il parle et fait l'éloge d'une telle
abstinence. Ainsi, en ce qui concerne la conduite de sa parole, il est
complètement pur.
Verset 5.27
Puis, le
disciple noble possède une confiance sereine à
l'égard du Bouddha, en réfléchissant:
"Il est le Bienheureux, l'Arahant, parfaitement et pleinement
éveillé, parfait en sagesse et en conduite,
bienvenu, le Connaisseur des mondes, l'incomparable Guide des
êtres qui doivent être guidés,
l'Instructeur des dieux et des humains, le Bouddha, le Bienheureux."
Verset 5.28
Puis, le
disciple noble possède une confiance sereine à
l'égard de l'Enseignement, en
réfléchissant: "Bien exposé par le
Bienheureux est l'Enseignement, donnant des résultats ici
même, immédiat, invitant à le
comprendre, conduisant à la perfection,
compréhensible par les sages en eux-mêmes.
Verset 5.29
Puis le
disciple noble possède une confiance sereine à
l'égard de la Communauté, en
réfléchissant: La Communauté des
disciples du Bienheureux est de conduite droite, la
Communauté des disciples du Bienheureux est de conduite
correcte, la Communauté des disciples du Bienheureux est de
conduite bienséante; ce sont en fait les quatre paires
d'êtres: les huit êtres. Telle est la
Communauté des disciples du Bienheureux, digne des
offrandes, digne de l'hospitalité, digne de dons, digne de
respect; le plus grand champ de mérite pour le monde.
Verset 5.30
Désormais,
ô chefs de famille, puisque le disciple noble a rempli ces
sept conditions et ces quatre points d'avantage, s'il le veut, il peut
déclarer avec certitude: "La voie vers l'enfer a
été coupée, la voie vers les
naissances animales a été coupée, la
voie vers le monde des esprits malheureux a été
coupée, la voie vers les mondes de malheurs, vers le
malheur, vers les destinations malheureuses, a
été coupée. Je suis entré
dans le courant. Il est sûr que je ne suis plus
destiné à retomber. Je suis destiné
à atteindre l'état d'Eveil."
Verset 5.31
Cela dit,
les brahmanes chefs de famille, habitants de Veludvara, dirent au
Bienheureux: Merveilleux, ô vénérable
Gotama, merveilleux, ô vénérable
Gotama. C'est (vraiment), ô vénérable
Gotama, comme si l'on redressait ce qui a été
renversé, découvrait ce qui a
été caché, montrait le chemin
à l'égaré, ou apportait une lampe dans
l'obscurité en pensant: "Que ceux qui ont des yeux voient
les formes", de même le vénérable
Gotama a rendu claire la doctrine de nombreuses façons.
Verset 5.32
Nous
prenons refuge dans le vénérable Gotama, dans
l'Enseignement et dans la Communauté des disciples. Que le
vénérable Gotama veuille bien nous accepter comme
disciples laïcs de ce jour jusqu'à la fin de nos
vies.

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